Besoin d'aide pour trouver un blockbuster fun et décomplexé capable d'égayer votre été ? Faites confiance à L'Agence tous risques de Joe Carnahan !
Parmi les impatients attendant
L'Agence tous risques, il y a deux catégories : d'un côté les fans de la première heure de la série originale, et puis ceux désirant voir le dernier
Joe Carnahan (
Narc,
Mi$e à prix). Dans un clan comme dans l'autre c'est la satisfaction qui prédominera. Celle de constater que malgré les libertés prises avec son modèle, cette adaptation n'en est pas moins respectueuse d'un certain esprit fun et décomplexé inculqué par un réalisateur généreux, connaissant parfaitement son job et décidé à nous en mettre plein la vue sans nous arnaquer sur la marchandise. Après plusieurs faux départs frelatés (
Iron Man 2,
Prince of Persia : Les sables du temps…), la saison des blockbusters estivaux démarre vraiment, et sous de bons auspices (on croise les doigts). Rock n' Roll !!!
Si la popularité toujours vivace du show des années 80 lui confère une aura de pièce culte de la télévision, aujourd'hui L'agence tous risques emporte davantage l'affection du public par sentimentalisme nostalgique que par une vraie plus value qualitative. En somme la création de
Stephen J. Cannell et Franck Lupo est le fruit d'une époque révolue, affectueusement kitsch et gentiment ringarde, qui pour son passage du petit au grand écran se devait de se débarrasser des ses oripeaux vieillots - mais surtout pas de son armature ! C'est tout le mérite du scénario de
Carnahan,
Skip Woods et de
Brian Bloom d'avoir construit un préquel qui prend ses distances (la musique du générique est réduite au minimum, le célèbre van pulvérisé dès le premier quart d'heure…) en évitant de couper totalement les ponts. Qui fait entrer la franchise dans le 21ème siècle tout en gardant les « traditions » du passé. On n'y trouve donc aucune technologie moderne trop avancée pour aider notre fine équipe dans leur vengeance contre ceux les ayant trahis et déshonorés devant leur gouvernement. Juste ce qu'il faut de débrouillardise, d'huile de coude et de douce folie pour mener à bien une mission de réhabilitation prompte à répondre à tous les délires pyrotechniques.
L'Agence tous risques est un véritable cartoon vivant qui jongle avec un sens inné de la déconne et une succession de moments de bravoures surréalistes qu'on ne pensait plus pouvoir apprécier dans ce contexte glorifiant uniquement le réalisme imprégné d'une louche de pessimisme. Parachuter un tank dans les airs et le faire atterrir dans un lac, organiser un jeu des gobelets géants avec les containers d'un cargo ou récupérer quelqu'un en pleine chute avec le pied d'un hélicoptère…
Joe Carnahan (supporté par les frères Scott) se lâche dans ce qui s'apparente à une grande séance de régression vers l'enfance et son imagination débridée de toute considération rationnelle. Une grande récré qui pendant deux heures complètes va jusqu'à ignorer le sens même du mot « pause ». Généreux, léger et parfois désopilant,
L'Agence tous risques ne se prend pas au sérieux mais en fait preuve dans sa conception, qu'il s'agisse de sa mise en scène solide ou de la rédaction d'une intrigue qui tient la route, désireuse de faire exister ses personnages en leur laissant une marge de manœuvre suffisante.
Cerise sur le gâteau : un casting aux petits oignons qui, différent, n'aurait pu être que décevant. Tout ce petit monde trouve naturellement sa place, à commencer par les incarnations de Futé et Looping par
Bradley Cooper et
Sharlto Copley (à ce niveau ce n'est plus un bon choix, c'est une évidence !) s'affranchissant de l'ombre de leur prédécesseurs pour donner leur propre interprétation d'icones de la lucarne. Même le combattant de Free Fight
Quinton Jackson, dont on pouvait craindre le pire, s'avère un Barracuda de première catégorie. On trouvera toujours à pinailler sur l'exposition superficielle des tablettes de
Bradley Cooper censée rameuter un public féminin, sur la légère mise de côté de
Jessica Biel, sur un montage un peu trop surdécoupé (quoique toujours lisible) par moment… et quelques autres facilités qui ébranlent à peine la décharge de plaisir administrée.
De la série originelle, Joe Carnahan ne reprend que les personnages et la légèreté de ton pour deux heures de récréation absolument jouissives. Le casting fait des étincelles et sa mise en scène aussi : un divertissement sans accroc.