Les Power Rongeurs débarquent au cinéma dans un film en 3D que Disney aurait mieux fait de laisser au placard.
Faire des animaux des parfaits espions : c'est un peu le rêve de tous les gouvernements. Eh bien fort heureusement, les Etats-Unis ont réussi cette prouesse en formant des… hamsters ! Mais après de multiples missions, les voilà mis à la retraite dans une simple cage. Il y a Darwin, Blaster, Mooch ou encore Juarez, et ils vont devoir sauver le monde lorsqu'un vilain va retourner les appareils ménagers de la planète pour en faire des armes…
On connait les Disney d'animation tels que
Le Roi Lion ou encore
Mulan ; on connait aussi les Disney en 3D comme
Volt, star malgré lui ou encore
Bienvenue chez les Robinson, et il y a aussi une troisième catégorie. Si les deux premières s'en sortent assez bien qualitativement parlant, il n'en est rien de la troisième qui dispose de toutes les œuvres catastrophiques pour enfants de la firme aux grandes oreilles. On citera notamment le très mauvais
Baby-sittor, et aujourd'hui, un nouveau film vient s'ajouter à la liste : il s'agit de
Mission G. Oh, ce n'est pas le bas du panier, ni le haut d'ailleurs, mais disons qu'il s'agit d'un divertissement convenable qui ne va pas chercher midi à quatorze heures. La bande-annonce laisse clairement échapper ce que l'on va voir, un film d'action avec un humour au raz les pâquerettes, mais de bons effets spéciaux.
Le scénario n'est pas non plus digne d'un chef d'œuvre, il faut dire qu'il doit être compréhensible pour le public qu'il touche, les 4-8ans. Inutile de vous dire que si vous cherchez en
Mission G le film de l'année alors que vous avez plus de 12 ans, ce sera peine perdue. Pourtant, on pouvait dignement attendre quelque chose de sympathique, notamment parce que c'est
Jerry Bruckheimer, le papa de
Pirates des Caraïbes et de
Prince of Persia, mais aussi de
Cold Case ou
FBI : Portés Disparus qui est aux commandes de cette production. Ou plutôt devrais-je dire « super-production », vu le nombre assez hallucinant de communiqués de la part de Disney au sujet de ce film, visiblement prévu comme étant une très grosse sortie.
Alors, c'est sur, on appréciera les scènes d'action assez époustouflantes avec des effets spéciaux de qualité, mais aussi la modélisation impressionnante des hamsters. Mais n'est-ce pas en faire un peu trop au regard du reste ? Car passée cette sensation,
Mission G touche très vite les limites du genre, et ne va pas aussi loin qu'on l'aurait espéré. En sortant ce film, Disney ne prend pas de risques et sait déjà qu'il va marcher, et il n'a pas tort. Tous les ingrédients pour en faire un succès sont là, de l'humour « pipi-caca » jusqu'au « le méchant est capturé à la fin ». Les situations dramatiques dans lesquelles se mettent ces petites créatures n'ont de dramatiques que le nom, car ça n'a aucun impact sur notre vision du film. On ne rentre pas dans le scénario. Rajoutez à cela une bande-son tendance n'ayant absolument rien à voir avec ce qui se passe à l'écran, et vous avez votre film. On appréciera tout de même les voix françaises de
Julia Roberts ou de
Bruce Willis qui font mouche et qui apportent clairement quelque chose à
Mission G.
Passées les 15 premières minutes, Mission G devient rapidement ennuyant et sans intérêt. Vous avez vu la bande-annonce ? Inutile d'aller voir le reste, ce ne serait que trop d'honneur pour Disney qui ne s'est finalement pas bien foulé sur ce projet, tout comme Jerry Bruckheimer d'ailleurs.