Megan Fox a bien envie de se manger quelques garçons dans Jennifer's Body, par la réalisatrice d'Aeon Flux et la scénariste de Juno.
Il y a des pitchs appétissants, comme celui de ce
Jennifer's Body, promesse d'un carnage fun dans lequel
Megan Fox, faisant office de potiche et de fantasme sexuel pour mâles en chaleur dans la franchise
Transformers, a l'occasion de casser un peu son image et de montrer qu'elle est capable de jouer dans un autre registre. Même si la présence derrière la caméra de
Karyn Kusama, auteur d'un vrai faux pas avec
Aeon Flux après avoir livré le remarqué
Girlfight, a de quoi rendre prudent, on peut être curieux de voir comment elle va exploiter le nouveau scénario de l'auteur de
Juno,
Diablo Cody. Nous voici donc avec deux copines d'enfance que pourtant beaucoup de choses différencient (
Megan Fox et
Amanda Seyfried), se rendant à une soirée dans un bar du village, où se produit un groupe de rock. La soirée va tourner au carnage, un incendie tuant quasiment tout le monde, et Jennifer se retrouve embarquée par les énigmatiques membres du groupe de rock, sous les yeux de son amie Needy. Dès sa réapparition, Jennifer est très étrange, ce que va vite remarquer Needy, cette dernière tentant de convaincre son petit ami que celle-ci est devenue possédée par un démon.
Première constatation à la vision du métrage :
Karyn Kusama ne s'est pas remise du ratage d'
Aeon Flux, et aura du mal à convaincre les amateurs de cinéma horrifique avec ce chiche et bordélique
Jennifer's Body. Doté d'un premier quart d'heure accrocheur installant une bonne tension, le film se retrouve rapidement plombé par les choix de mise en scène faibles de
Karyn Kusama et une construction narrative bien handicapée par d'incessants flash-backs mal amenés et ayant tendance à souligner bien grassement des éléments évidents qui ne méritaient pas une telle démonstration. Film sonnant souvent faux,
Jennifer's Body se pare d'une bande son rock abusive et de quelques scènes faussement transgressives plutôt embarrassantes, quand le tout ne donne pas dans le prétentieux. Sur une élaboration scénaristique faisant irrésistiblement référence à
Carrie au bal du diable (l'évolution physique et sentimentale à l'age adolescent sur un fond horrifique, et le « va-t-il y avoir un carnage lors du bal final ? » suspense !), le film se prend les pieds dans le tapis et mêle bien maladroitement une envie première de provoquer le frisson, tout en tombant dans les tics du teen movie, avec des dialogues humoristiques en décalage faisant tourner le film à la bête dérision, créant un déséquilibre plutôt plombant.
Karyn Kusama ne sait pas sur quel pied danser et illustre bien mal le scénario de
Diablo Cody, dans lequel on retrouve les thèmes développés dans
Juno, à savoir donc les déboires de jeunes gens – qu'ils soient d'ordre sexuel ou amoureux, et qui aurait peut-être eu une autre tenue entre des mains plus expertes. Contrairement à ce qu'on aurait pu attendre, le vrai premier rôle du film est détenu par
Amanda Seyfried, qui est clairement celle qui tire son épingle du jeu. La jeune actrice révélée au grand public dans
Mamma Mia ! est convaincante et apporte un certain relief à son personnage, contrairement aux autres protagonistes accessoires du récit. Car oui, même
Megan Fox, sur qui le film a été vendu, fait seulement office d'objet horrifique un peu monolithique, qui ne l'aidera pas à démontrer ses talents d'actrice. Qui plus est, la parabole sur la femme sexy mangeuse d'hommes, tous attirés par les bombasses pré-fabriquées, est grossière, à l'image de la totalité du film finalement, qui croit qu'utiliser des recettes éprouvées et les malaxer suffit à livrer un fin met. Dommage qu'ici, la cuisinière soit malhabile et que le temps de cuisson soit un peu juste.
Faisant office de promesse intéressante non tenue, Jennifer's Body est un mix trop maladroit et désorganisé pour convaincre.