Le premier livre de la saga Twilight est très bien retranscrit au cinéma. Pour les ados, certes, mais sachons reconnaître un film de poids quand on en voit un.
La série de livres Twilight, c'est niais. Très niais. C'est un peu le principe des livres écrits (presque) exclusivement pour les adolescentes, tout de même, donc il ne faut pas s'attendre à autre chose à l'écran. Bien sûr que c'est une histoire d'amour qui balaye le temps et notre misérable existence, bien sûr que l'on peut faire rapidement des parallèles faciles avec les grands amants de la littérature (les livres ne s'en privent pas), bien sûr qu'ils s'aimeront au premier regard et ne se quitteront pas des yeux jusqu'à la fin, bien sûr que toute la trame est construite par rapport à l'évolution de cette relation. Mais et alors ? Vous étiez prévenus. C'est le truc avec ce film : si on accepte les présupposés, il suffit de plonger dedans et de jouer le jeu pour que tout s'enchaîne avec une facilité plutôt déconcertante, presque fascinante – c'est le cas de le dire. Et on en est les premiers étonnés.
Twilight – Chapitre 1 : fascination - le film - a su adapter
Twilight, Fascination - le livre - de façon plutôt intelligente, en cassant juste ce qu'il fallait la ligne du temps pour pouvoir faire sauter quelques passages du livre sans que cela n'apparaisse, en rajoutant les petites touches nécessaires pour étoffer l'arrière-plan lycéen un peu palot, en développant les séquences de démonstration des pouvoirs des Cullen. Et il ne faut pas non plus perdre de vue le fait que ce film est, si tout ce passe bien du moins, le premier d'une série de cinq. Il est là aussi, donc, pour présenter les personnages, l'univers, les tensions futures.
La production a eu la bonne idée de faire appel à
Catherine Hardwicke, réalisatrice qui a démontré avec
Thirteen qu'elle savait parfaitement retranscrire à l'écran les errances et hésitations adolescentes. Alors, même si le scénario ne lui permet pas d'être au maximum de ses capacités, sa présence sur le film permet d'éviter les plus gros écueils et de faire de
Twilight – Chapitre 1 : fascination quelque chose de finalement tout à fait regardable. Et si elle ne fait pas vraiment grand'chose d'Edward, le personnage de Bella, dans sa fragilité et sa maladresse, est très bien retranscrit – et très bien servi par son interprète,
Kristen Stewart, qui avait déjà montré de belles aptitudes plus jeune avec
Panic Room et
Speak (et que certains reconnaitrons de
Into the Wild). A ses côtés,
Robert Pattinson manque par contre pas mal de volume.
Il faut dire aussi que la plus grosse difficulté était de représenter la nature particulière des Cullen (que nous tairons ici, au cas où quelqu'un aurait passé les six derniers mois sur la Lune et aurait donc raté l'info). Et cela se ressent dans le film. Mais comment mettre à l'écran l'hyperbole même ? Impossible. Disons donc que le film s'en sort bien, même si les câbles sont un peu trop visibles et si les gros plans sur les yeux frisent plusieurs fois le ridicule. Quant à la partie de baseball … heureusement qu'elle ne dure pas longtemps. Ces passages rendent du coup le film inégal. Mais l'image et la musique nous accrochent bien à l'univers, et si on pense bien à rester la tête dedans, ce n'est en fait pas si choquant.
Alors finalement, que reste-t-il de ce
Twilight – Chapitre 1 : fascination après le visionnage ? Une très bonne adaptation qui parvient à étendre le public restreint du livre, et la narration d'une histoire d'amour forte dans un milieu lycéen, avec un peu de sang, un peu de suspens, un peu de famille, un peu d'amitié, un peu de tout ce qui fait une vie adolescente finalement. Alors, arrêtons de bougonner, et admettons-le malgré nous : ce n'est sans doute pas un chef d'œuvre, mais ce premier volet de la saga Twilight aura sa place dans toutes les dvdthèques collégiennes et lycéennes. Et espérons-le – même si le départ de
Catherine Hardwicke est regrettable -, ses suites aussi.
L'adaptation de la saga Twilight commence plutôt bien avec ce premier volet, qui a su retranscrire le livre tout en l'ouvrant un peu plus. Un film loin d'être honteux pour adolescents qui, à travers cette histoire d'amour et son contexte, leur parle d'eux-mêmes.