Michael Bay et ses joujoux géants d'Hasbro repassent à l'offensive dans un second opus! Fuyez !
A chaque
Michael Bay, on se dit qu'il ne peut pas faire pire… mais c'était une fois de plus mal connaître les (inépuisables ?) ressources d'un metteur en scène se complaisant dans l'approfondissement de ses lacunes, aimant à barboter dans la fange et les immondices qu'il a déféqué au cours de sa déjà trop longue carrière d'exécutif pop-corn, d'action entertainer ramolli du cerveau, de tâcheron au service de l'idiotie commune nappée par une couche de sur-stylisation de réclame. Pour la suite de son dernier navet,
Transformers, l'homme se devait de faire honneur à sa réputation et de répondre à la demande du « Bigger, faster, lourdeur » et celle son fan club justifiant le plaisir coupable du divertissement déstressant, en excuse des dégâts et de la douleur infligés.
Pourtant on peut légitimement se demander quel plaisir on pouvait retirer d'un projet idiot au plus profond de son fondement qui n'arrivait même pas à contenter les attentes les plus basiques d'un blockbuster explosif. Comment justifier l'existence d'un film dont le seul intérêt est de contempler des combats de robots géants ne pointant le bout de leur nez qu'au cours de la dernière bobine, après deux interminables heures de vaudeville tuné aux effets spéciaux ? Qu'il n'y ait pas de scénario, de personnages susceptibles de susciter une lichette d'empathie… passe encore tout ça, nous sommes chez le malfaiteur responsable de
Pearl Harbor et
Bad Boys 2, les exigences qualitatives au-delà du minimum syndical requis n'ont pas lieu d'être. L'ennui est que
Michael Bay fait tout pour enfoncer encore plus le clou de la crétinerie, du mauvais goût, de l'humour de beauf et du spectacle régressif nationaliste balourd shooté aux clips de MTV.
De l'improbable histoire précédente, les scénaristes se contentent de construire un injustifiable retour des Decepticons et de leur leader Megatron, décidés à détruire notre soleil, grâce à une machine ancestrale cachée quelque part sur la Terre afin de récupérer une source d'énergie inégalée qui leur permettra d'assurer la perpétuation de leur lignée en voie d'extinction. N'importe qui aura compris que le détenteur de la clé pouvant accéder au but est en la possession du benêt Sam Witwicky (
Shia LaBeouf, constant dans sa non-légende). Débile dites-vous? Le pire est pourtant à venir. On sera gré à
Michael Bay – tellement imbu de sa gloire au point de se rendre hommage régulièrement - d'avoir mieux réparti ses scènes d'actions sur la durée. Malheureusement rien n'y fait, on s'ennuie désespérément devant un vomi de plages étendues de dialogues extirpés d'un soap télé, d'inutiles digressions narratives ne menant à rien sinon à fourrer davantage de blagues potaches pour attardés et de gags progressivement insupportables. Le summum est atteint avec l'arrivée d'un
John Turturro creusant le fond du trou, bien entamé lors du premier opus.
Les morceaux de surplus accolés les uns aux autres, il y a au moins quarante cinq minutes pouvant être aisément jeté à la poubelle sans que la compréhension du scénario et sa « logique » ne pâtisse du moindre accroc. Cela aurait évité la consternation devant un humour franchement limite prévalant sur l'action (syndrome
Pirates des Caraïbes) ne valant guère mieux si l'on enlève le travail des techniciens de ILM s'en donnant à cœur joie dans un vrai festival de transformations et de carrosserie, et pas seulement celle de
Megan Fox qui redéfinit le statut de la pin-up bimbo perdue au milieu de ce fourre-tout. Qu'à cela ne tienne, le hachage clippesque, la non gestion de l'espace conférant à une illisibilité dramatique de presque tous les instants (notion de danger ? connaît pas), auront tôt fait de ruiner la maigre plus-value de
Transformers 2 la revanche. Eléments immuables de la mise en scène d'un réalisateur qui se morfond dans la redite toujours plus rébarbative de son style : hélicoptères sur fond de soleil couchant, soldats filmé aux ralenti, travelling circulaires fantoches (le même que
Bad Boys 2 tiens donc) et gros big badaboum assourdissant sont les composantes d'un spectacle interminable qui fait mal aux yeux, aux oreilles, au cerveau. On en sort complètement lessivé… sans aucune satisfaction.
Peu importe la façon dont on aborde le septième art et sa notion de divertissement des masses, Transformers 2 la revanche est une insulte faite au public, aux films d'action, à l'intelligence et au cinéma en général. Un étron fatiguant qu'on aimerait ne pas voir se reproduire une troisième fois. A mettre dans la pile du pire de Michael Bay.