Après cinq ans d'absence, Stephen Sommers refait un film et porte à l'écran, et en live, G.I. Joe. Attention, chaud devant !
Amis de la finesse, au revoir ! On sait qu'en abordant un film de
Stephen Sommers, le cerveau doit généralement être laissé à l'entrée de la salle (
Un Cri dans l'océan,
La Momie,
Van Helsing) et
G.I. Joe - Le réveil du Cobra ne déroge pas à la règle, loin de là. Sur deux heures de projection, il faudra compter un bon 80 % de temps de scènes d'action, de niveau inégal, mais le tout ne trompe pas sur la marchandise. Avec
G.I. Joe - Le réveil du Cobra, on est venu voir du méchant et du gentil grossièrement définis se livrer combat, et c'est ce à quoi on à droit ! On se retrouve donc en gros avec Duke et Ripcord, deux membres de l'armée régulière américaine, qui vont se retrouver intégrés plus ou moins malgré eux aux G.I. Joe, une élite secrète de combattants. Celle-ci se retrouvant face à l'organisation naissante du Cobra, qui a en sa possession une arme très dangereuse, faisant peser une grande menace sur la planète…
Alors, comme dit précédemment, tout cela est très grossièrement défini, et on pourra pester devant l'évident dédain que
Stephen Sommers a envers la caractérisation de ses personnages et son non désir (ou alors désir raté) de faire naître une quelconque tension et de réels enjeux inter-personnages en nous envoyant des flash-backs grossiers pour justifier tel ou tel événement. Un peu de dramatisation n'aurait pas fait de mal pour permettre à l'œuvre d'avoir un réel impact, mais tout semble prétexte dans
G.I. Joe - Le réveil du Cobra à un défilé de scènes d'action et d'effets spéciaux en tout genre, pour illustrer quelquefois plutôt brillamment les combats de jouets que tout enfant opère de son propre chef dans sa chambre ou dans le bac à sable. En ce sens, ce nouveau film de
Stephen Sommers vaut le détour rien que pour sa séquence centrale de destruction dans les grandes largeurs de notre chère capitale française. Très longue, la séquence de course-poursuite qui oppose les deux camps dans les rues parisiennes est clairement la plus soignée du métrage du point de vue de la mise en scène, demeurant bien lisible et surtout, plutôt impressionnante. Dommage que tout ce qui entoure cette belle séquence ne soit pas du même niveau.
On pourra reconnaître au métrage une certaine retenue au niveau des blagues vaseuses (il y en a quand même quelques-unes, on ne se refait pas…), un sympathique jeu en roue libre de la part des comédiens (dont on retiendra tout de même une
Sienna Miller charismatique en Baronne), qui visiblement s'amusent comme des petits fous à en faire des caisses (fronçage de sourcils ou encore bombage de torses sont au programme), mais aussi une esthétique bien souvent peu ragoûtante (
Stephen Sommers nous a déjà fait le coup avec
Van Helsing…) liée à quelques dialogues bien pauvres qui font parfois passer le film du côté de la sympathique série Z un peu ringarde, rigolote à regarder, et finalement pas désagréable pour passer un moment à l'abri de la chaleur de l'été.
G.I. Joe - Le réveil du Cobra, on ne peut pas vraiment l'aimer, mais on ne peut pas vraiment non plus le détester… La nostalgie de l'enfance sûrement. A ce petit jeu là,
Stephen Sommers s'en tire d'ailleurs bien mieux que son concurrent direct de l'été 2009, à savoir
Michael Bay et ses robots géants, par le côté inoffensif et bon enfant de son œuvre. Vous pouvez ressortir les jouets !
Le bac à sable de Stephen Sommers est assez fréquentable, et comporte en point d'orgue une scène centrale qui vaut le coup d'œil à elle seule.