Etes-vous prêts pour une nouvelle descente dans les vastes ténèbres de la sauvagerie et de la terreur ?
S'il est une séquelle que l'on n'attendait pas à l'époque, en 2005, c'était bien un improbable
The Descent : Part 2. D'une part parce que l'original se suffisait à lui-même (comme le fameux café, pas besoin d'en rajouter), et de l'autre, à cause de sa conclusion déjouant machiavéliquement le piège de la fin ouverte et du happy end accommodant. Du moins en ce qui concernait celle vue par la majorité des spectateurs du monde entier, à l'exception des Etats-Unis qui trouvaient que contenir l'héroïne dans les tréfonds obscurs des Appalaches en compagnie des affreux Crawlers après toutes les épreuves endurées, n'étaient pas convenable vis à vis d'on ne sait qui. Il sera donc difficile à un large public d'accorder une légitimité à cette suite échafaudée sur les fondations de la version US pour des raisons incontestablement commerciales. D'accord, ce film a été juste fait pour capitaliser un peu plus sur la gloire de son brillant aîné, cela ne doit pas signifier qu'il faut ne lui accorder aucun crédit. Surtout que dans le genre second opus au rabais,
The Descent : Part 2 donne l'impression que ses concepteurs avaient pour objectif premier de ne pas nous prendre pour des vaches à lait. En soit, l'intention ne favorise rien mais dans ce contexte elle représente énormément.
Cette volonté se traduit directement par la rapidité avec laquelle l'histoire rentre dans le vif du sujet. La surprise de
The Descent étant allégrement passée, valait mieux ne pas tergiverser sur la façon de ramener
Shauna McDonald dans les entrailles de la Terre en moins de 24 h et la confronter avec ses démons intérieurs (et extérieurs). Deux/trois séquences en guise d'introduction et déjà notre rescapée amnésique est repartie en compagnie d'une équipe de sauveteurs à la recherche d'hypothétiques survivantes, et moitié moins pour que les créatures affamées ne passent à table. La parlote et le surplus ne sont pas de mise. Seule l'efficacité et l'énergie est à prendre en considération ici. De la vigueur,
The Descent : Part 2 en a à revendre sans doute du fait qu'il reprend avec exactitude les éléments qui ont fait la renommée du chef-d'œuvre claustrophobique de
Neil Marshall : même charte graphique (les instruments des personnages sont les uniques sources de lumière une fois la descente vers l'enfer amorcée), même bande-son et même prédominance des encadrements d'un noir abyssal, catalyseur des peurs communes que sont celles du vide, des espaces clos et des monstres.
La mécanique du grand huit horrifique fonctionne de bout en bout et conviendra parfaitement aux amateurs de sensations fortes. Pourtant cette deuxième escapade ne saurait se positionner à égale distance de son modèle. Bien qu'il soit mal-aisé de juger des compétences de
Jon Harris (monteur du premier, parachevant ici son passage derrière la caméra) dans les conditions d'un exercice visant à appliquer les recettes d'un autre dévolu au poste de producteur exécutif sur le suivant, il n'est pas interdit de prétendre qu'il ne possède pas les aptitudes du réalisateur de
Doomsday. Cela se remarque tout de suite dans la répétition formelle des attaques des Crawlers toujours filmées en gros plan, et un sous texte psychanalytique fortement négligé pour ne pas dire résolument abandonné. Le parallélisme entre Sarah et l'agent de police Rios (mère de famille célibataire luttant pour revoir sa fille) était judicieux s'il avait été mené jusqu'au bout, à l'instar du dernier tiers construit sur une idée maligne quoique sacrément tirée par les cheveux et promptement expédiée pour préparer le terrain à une éventuelle trilogie.
Une suite indubitablement commerciale mais qui tend à vouloir donner à son public sa grosse dose de frisson. Résultat : une fois le générique de fin venu, on se presse dehors pour prendre une grande bouffée d'air. Pour le reste vaut mieux ne pas trop comparer avec l'original de Neil Marshall.