Un prof de sport parti camper croise la route d'un tueur à gage menotté. Le spectateur aurait dû partir camper, lui aussi, au lieu d'aller au ciné.
Depuis la mort de sa femme, Ray Keene (
John Cusack) a quelques problèmes de communication avec son fils. Heureusement, il a la solution parfaite – et typiquement américaine : partir camper. Or, au même moment, Carden (
Morgan Freeman), un tueur à gage, est appréhendé. Alors que le papa et son fiston se promènent, ils repêchent un US Marshall mourant menotté au fameux tueur. Mais ça tombe bien, parce qu'avant d'être prof de sport pour préados, Keene était flic et a un sens du devoir très développé. C'est décidé : il mènera Carden aux autorités. Sa tâche ne sera bien sûr pas simple : à ses trousses sont lancés les hommes de Carden, évidemment surentrainés et suréquipés. Parallèlement à cette course poursuite, la police enquête.
Bruce Beresford a fait plusieurs bons films (
Miss Daisy et son chauffeur ou
Paradise Road, par exemple).
John Cusack et
Morgan Freeman ont joué dans de nombreux films intéressants, plusieurs même excellents. Mais un jour, tous les trois se sont réunis pour
Le Contrat, et franchement, ils auraient mieux fait de se retenir. D'ailleurs, on se demande pourquoi ils ont accepté de participer à ce film, le scénario de Stephen Katz et John Darrouzet n'ayant absolument rien d'attractif. En plus, l'éventuelle confrontation entre deux acteurs de talent que nous promettait la tête d'affiche tombe complètement à plat.
Et finalement, rien, dans
Le Contrat, n'a d'intérêt. De l'absence de véritable scénario au ridicule des personnages, complètement désincarnés au point de n'être que de simples marionnettes sans aucune âme – encore moins, si possible, d'évolution – en passant par les dialogues étrangement vides, le film n'a aucun point positif, aucune force. On ne sait pas réellement ce qui est le plus navrant : le coup ultra-classique de la relation père-fils avec la mère morte, la femme politique qui trempe dans des affaires louches, le duo de flics simplets, ou les hommes de terrain surentraînés qui se laissent avoir par un ex-flic reconverti. Difficile de choisir, et on est trop occupé à essayer de comprendre ce que font
Morgan Freeman et
John Cusack dans un film sans aucune idée ni psychologie.
Ne répondant à aucun style particulier, même les amateurs de films bourrins n'y trouveront pas leur compte : éventuellement visible comme une série B, alignant les clichés du genre avec méthode, le film est tellement plat qu'on ne parvient pas à adhérer, et l'on se désintéresse rapidement de la pseudo-intrigue. Parce que rien n'a de relief, on espérait pouvoir se raccrocher aux scènes d'actions ; c'est raté. Elles manquent de punch et passent finalement presque inaperçues. Quant au personnage féminin sensé annoncer une suite positive à l'histoire de Keene et son fils, il est tellement mal défini qu'on se demande vraiment ce qu'il fait là. Certes, l'été apporte chaque année son lot de films américains formatés pour répondre aux besoins limités de nos cerveaux en repos, mais
Le Contrat est à ce niveau-là hors catégorie : pas réellement insultant, simplement complètement inutile. Le Contrat est une très mauvaise série B, sans aucun point positif pour consoler le spectateur qui décroche d’une histoire sans suspense et se laisse aller à profiter de la clim’. Il fait chaud dehors, le fauteuil est confortable, et il ne se passe rien à l’écran : attention à la sieste …