Les réalisateurs de La Beuze et des 11 Commandements reviennent sans Michael Youn mais avec Daniel Auteuil. Y gagne-t-on au change ?
Le monde des ados fait souvent l'objet de films. Cette fois, ce sont
Thomas Sorriaux et
François Desagnat, réalisateurs qui ont connu le succès avec leurs deux premiers films,
La Beuze et
Les 11 Commandements, qui s'y penchent en mettant
Daniel Auteuil dans la peau de Philippe Le Tallec, éminent biochimiste qui vit aux Etats-Unis loin de sa fille. Voilà qu'il revient en France pour s'occuper d'elle pendant 3 mois, alors que celle-ci a désormais 15 ans. Il va vite se retrouver confronté à une personne qu'il ne comprend pas totalement, et inversement. Il va alors s'investir dans un stage spécialisé pour tenter de résoudre la situation.
Après
La Beuze et le non-film
Les 11 Commandements, on pouvait se douter que
Thomas Sorriaux et
François Desagnat n'étaient pas de grands réalisateurs. Ce n'est pas
15 ans et demi qui va inverser la tendance, puisque ce film aurait plutôt tendance à l'aggraver. En effet, clichés, absence de rythme, montage à la scie sauteuse : voilà ce qui nous est entre autres proposé dans un film qui ne parvient pas à émouvoir et trop rarement à faire rire. Le duo de réalisateurs nous livre un film dont on a l'impression d'avoir déjà vécu l'histoire plusieurs fois dans d'autres œuvres, ne faisant preuve d'aucune originalité lorsqu'il s'agit d'évoquer la relation père/fille qui se réduit ici à un simple choc stérile entre les deux personnages, amenant son lot d'engueulades et de réconciliation attendues.
Un peu tous les clichés du film d'ados ou de lycée y passent, du beau gosse, trop beau pour être honnête, à la blonde écervelée en passant par la rave-party où règnent forcément son lot de junkies. Les clichés pourraient passer à la limite s'il y avait une maîtrise derrière de la part des réalisateurs, ce qui n'est pas le cas ici puisque ceux-ci oublient de rythmer leur film et sacrifient toute une panoplie de stars à des dialogues souvent insipides. Pour ne rien arranger, ils optent pour un montage des plus bordélique, orné de séquences dites burlesques censées illustrées l'imagination de
Daniel Auteuil mais qui sont plus embarrassantes que drôles.
Se rappelant qu'il fut un temps un Sous-doué,
Daniel Auteuil tente de replonger ici dans la bouffonnerie mais les situations qui lui sont proposées sont plus aptes à le ridiculiser qu'à lui permettre de mettre en avant ses immenses qualités. Tous les acteurs semblent d'ailleurs être ici dans des rôles trop étriqués qui ne leur permettent pas de s'exprimer pleinement, comme on peut s'en apercevoir avec les prestations en demi-teinte des pourtant talentueux
François Damiens et
Julie Ferrier. On a tendance à le dire souvent pour les films d'ados mais c'est ici la vérité, c'est le premier rôle qui constitue la seule vraie satisfaction du film. En effet, la jeune
Juliette Lamboley est l'actrice qui finalement tente de remonter un peu le niveau par moments et est en tous cas très crédible dans son rôle.
15 ans et demi s'avère finalement être un film à réserver aux adolescentes hystériques en mal de repères, et encore… Pas drôle, pas original, mal rythmé et bordélique : tel est le constat peu flatteur d’un film dont le seul intérêt est la découverte de Juliette Lamboley.