Bryan Singer livre un bel hommage à la résistance allemande dans son Walkyrie.
Walkyrie était attendu pour deux principales raisons : primo, parce que voir un film hollywoodien traitant de la résistance allemande est un fait assez rare, mais aussi parce qu'il permet de jauger l'état de forme de
Bryan Singer. Sortant d'un
Superman Returns décrié par certains, sa dernière œuvre a été un véritable échec commercial. Même si le film est loin d'atteindre des sommets, force est de reconnaître que le metteur en scène maîtrise correctement sa barque pour livrer un bel hommage à ce qui fut un acte héroïque de résistance envers le régime nazi. On y suit donc le Colonel Von Stauffenberg, recruté par une organisation secrète afin d'être l'élément déterminant de l'opération visant à éliminer Hitler : il ira poser la bombe censée le tuer à ses pieds, en pleine réunion militaire. L'opération lancée va s'avérer compliquée et rien ne marchera vraiment comme prévu…
Walkyrie est un film qui fonctionne à l'énergie. En effet, sur les 110 minutes que durent le métrage,
Bryan Singer parvient à imprimer un tempo constamment soutenu du début à la fin. Prenant le parti délibéré de réduire quelque peu l'impact dramatique au profit de l'action, le metteur en scène nous livre un film au parfum agréablement désuet des films de guerre des années 60, sans fioritures. Le film va ainsi au cœur du sujet, avec une mise en scène pas spécialement inspirée mais fonctionnelle, et nous entraîne dans une implacable mécanique au sein de laquelle Von Stauffenberg apparaît comme un homme déterminé mais trop sûr de lui. En somme, un héros pas tout blanc. On appréciera le fait que
Walkyrie ne verse à aucun moment dans la complaisance ni l'héroïsme exacerbé, mais se pose plutôt comme le témoignage de l'existence d'autres gens au sein de l'armée allemande que des sbires d'Hitler. Le choix de se centrer sur ce petit groupe de résistants est l'une des limites du film qui, en ne montrant jamais de civils à l'écran, en freine quelque peu sa portée. Mais cela n'altère que peu le bon divertissement livré par
Bryan Singer, qui sait garder son spectateur éveillé tout en livrant un métrage pédagogique qui ne manque pas de livrer des informations intéressantes sur le fonctionnement militaire sous le règne nazi.
Pour nous emporter au cœur de l'événement, il ne faut pas oublier les acteurs sans lesquels le film ne serait pas ce qu'il est. Et
Tom Cruise, en se donnant plus ou moins la part belle, montre encore une fois qu'il est à la hauteur de l'événement, livrant une prestation tout en nuances de cet homme qui va jeter toutes ses forces dans la bataille. Entouré d'un casting de haut rang, le film ne tourne pourtant pas au défilé de stars mais chacun s'avère bel et bien être au service de son rôle,
Bill Nighy et
Tom Wilkinson sortant quelque peu du lot. On regrettera seulement le sous-emploi de la brillante
Carice van Houten, servant ici seulement de prétexte à justifier l'attachement familial de Stauffenberg sans apporter grand chose. Au final, on est clairement loin d'un chef d'œuvre, mais
Walkyrie remplit honorablement son cahier des charges de divertissement.
Bryan Singer donne ce qu'il faut en rythme pour pallier les quelques carences émotionnelles, faisant de Walkyrie un hommage efficace à la résistance allemande.