Louis Leterrier revient à Hollywood en compagnie de Sam Worthington, qui quitte le monde de Pandora pour s'adonner à la mythologie grecque.
Note : Critique basée sur la version 2D du film.
Témoin du meurtre de sa famille par Hadès, le dieu des Enfers, Persée veut se venger. Mais lorsqu'il apprend qu'il est un demi-dieu, fils de Zeus et d'une reine déchue, son destin va basculer. Le voilà projeté au sein d'une guerre entre l'Olympe et le monde des hommes. Une guerre qui va couter la vie à des milliers de personnes s'il ne se décide pas à vaincre l'ennemi de tous : le Kraken.
Après
Avatar et
Terminator Renaissance,
Sam Worthington, nouvelle égérie d'Hollywood s'empare de l'épée des dieux pour les vaincre. Pour l'aider,
Louis Leterrier, le réalisateur frenchy à l'origine du reboot de Hulk.
Le Choc des Titans est donc un remake d'un film éponyme datant tout de même de 1981, et il était temps de redorer le blason d'un péplum servant plus de nanar qu'autre chose. Mais voila, cette nouvelle épopée ne se fait pas sans mal puisque
Le Choc des Titans version 2010 souffre d'une première partie bien terne. Long de près de 2h, le film en passe une à mettre en place son scénario et ses différents personnages. Mais force est de constater que tout cela ne nous intéresse guère, et malgré les efforts de tout ce beau monde pour tenter d'insuffler quelque chose au scénario, on en vient à se demander ce que l'on a bien fait pour assister à un tel spectacle. Contrairement à
L'Incroyable Hulk qui avait réussi à s'imposer comme un bon film d'action sans prétention, ici,
Le Choc des Titans n'en a semble-t-il pas l'envie, ou plutôt l'envergure.
Pourtant, ce n'est pas le budget qui manque à
Louis Leterrier, mais plutôt une conviction pour en faire quelque chose de bien. Les costumes, d'abord, qui ne sont pas crédibles. On se souviendra longtemps du massacre opéré sur les Dieux de l'Olympe façon Chevaliers du Zodiaque, notamment Zeus (
Liam Neeson), au contraire d'Hadès (
Ralph Fiennes) qui dispose d'un travail bien plus développé en post-production que son frère. Et le film oscille constamment entre le bon… mais aussi le moins bon. Et c'est à contrecœur que l'on débute la seconde partie d'une œuvre qui aurait mieux fait de rester là où elle était. Quelques notes sur le casting tout de même : on retiendra sans trop de problème
Gemma Arterton (Io) qui fait parfois office de potiche sexy, mais qui se sauve elle-même grâce à une interprétation impeccable de son personnage, mais aussi et surtout
Sam Worthington qui campe ici le rôle de Persée, autrement dit, le héros de l'histoire. Il nous l'avait déjà prouvé dans
Terminator Renaissance puis par la suite dans l'excellent
Avatar (bien aidé par la réalisation en béton de
James Cameron), mais l'Australien de 34 ans nous montre une fois encore qu'il connait son métier. Pour ainsi dire, s'il n'avait pas été là, on se demande bien qui aurait pu sauver le naufrage cinématographique qui nous était projeté.
La seconde partie donc, se concentre sur les batailles avec les monstres du scénario. Nous aurons par exemple La Méduse qui ressemble furieusement à Sarah Kerrigan du jeu vidéo Starcraft et qui transforme les hommes en pierre d'un seul regard. Ce passage offre au film le droit de nous en mettre plein les yeux, car ce n'est pas franchement le cas du reste.
Le Choc des Titans à tendance à nous montrer un peu trop qu'il s'agit ici d'effets spéciaux, et le combat contre des scorpions géants donne une impression de carton-pâte. Toutefois, on ne peut nier que la bataille de fin contre le Kraken (ce n'est pas une révélation) est particulièrement impressionnante de par son gigantisme et son souci des détails. On regrette alors que le film ne soit pas du même acabit.
Louis Leterrier livre ici un produit présentable qui aurait mérité quelques retouches ici et là sur son univers qui manque cruellement d'audace. Seul reste un Sam Worthington au meilleur de sa forme qui essaye tant bien que mal de nous faire croire à l'impossible.