La septième collaboration de Nicolas Cage et du producteur Jerry Bruckheimer donne lieu à un film sympathique où l'humour côtoie une action bien calibrée.
Alors que depuis une dizaine d'années, les films sur des ados dotés de pouvoirs magiques fleurissent sur les écrans (
Percy Jackson, la saga
Harry Potter), le producteur
Jerry Bruckheimer s'alloue de nouveau les services du réalisateur John Turteltaub et de l'acteur
Nicolas Cage (après les deux
Benjamin Gates) pour proposer, à son tour, une petite virée dans le monde de la sorcellerie avec ses tours de magie fascinants et ses combats entre forces du bien et du mal.
L'Apprenti Sorcier se démarque néanmoins de ses prédécesseurs en s'inscrivant dans le quotidien (le début des années 2010) et dans la réalité d'une ville, New-York, avec ses célèbres quartiers (Times Squares, Wall Street, Chinatown) et sa topographie touffue, mère de tous les excès. Aussi, grâce aux effets spéciaux de
John Nelson (oscarisé pour son travail sur le
Gladiator de
Ridley Scott) et l'habile mélange entre scènes d'action attrayantes et humour constitué de gags régressifs (pas terribles) et de références à une certaine culture geek qui va du groupe new-wave
Depeche Mode au désormais culte
Star Wars (très drôles), le métrage trouve vite sa vitesse de croisière après un prologue trop vite expédié sur le passé des deux principaux sorciers.
C'est que malgré son titre,
L'Apprenti Sorcier n'est pas un remake des huit minutes de
Fantasia (1940) dans lequel on voyait un Mickey en chapeau pointu et en panoplie rouge tenter de dresser des balais et autres ustensiles de ménage sur la célèbre musique de Paul Dukas, mais un hommage dans lequel la scène apparaît reconstituée à l'intérieur d'une histoire totalement inédite. Le métrage de John Turteltaub s'intéresse en fait au récit du sorcier Balthazar Blake (
Nicolas Cage qui semble avoir trouvé le bon rythme entre grosses productions et films plus personnels) qui doit combattre les forces des ténèbres incarnées par l'infâme mais très chic Maxim Horvath (
Alfred Molina déjà présent dans la précédente production
Walt Disney/ Bruckheimer,
Prince of Persia : Les sables du temps). Pour sauver la belle Veronica, la femme qu'il aime et qu'il veut délivrer de sa prison gigogne (en fait, un œuf suivant le principe des poupées russes), Balthazar Blake doit retrouver le descendant de son maitre Merlin, celui à qui siéra l'anneau du dragon. Quand il pense le trouver en la personne de Dave Stutler (
Jay Baruchel, récemment héros de la comédie
Trop belle !), étudiant en physique solitaire et introverti, il a la lourde tâche de l'initier au monde de la magie. Peu convaincu de ses capacités à restaurer la paix dans le monde, le jeune homme devra à la fois prendre confiance en lui, évacuer un trauma vieux de dix ans et conquérir son amour d'enfance, Becky (
Teresa Palmer vue dans
Histoires enchantées).
Si
L'Apprenti Sorcier n'innove rien dans le genre et s'insère parfaitement dans la tradition des films d'aventure chers aux studios Disney, il sait séduire par l'énergie de ses séquences d'action mêlée à un comique bon enfant qui nous rappelle qu'au fond, tout cela n'est pas vraiment sérieux. Pas de prise de tête donc mais un univers parfaitement rythmé où tout peut arriver : lancements intempestifs de boules de feu, gargouille qui prend vie, faux dragon qui se transforme en créature monstrueuse lors d'une parade dans le quartier de Chinatown, apparition d'aigle en acier, courses de bolides haletantes avec univers parallèles derrière les miroirs… Le tout baigne dans une atmosphère cinématographique très eighties tendance
Les Goonies, les effets visuels en plus, le style inimitable en moins. Car bien que
L'Apprenti Sorcier remplisse sa mission de distraction sans effort, il échoue à surprendre et manque de l'originalité qui fait les grands films, son récit restant le plus souvent prévisible. Pourtant, même s'il ne révolutionne pas le film de sorciers, même si
Jay Baruchel peut quelquefois s'avérer tête à claques, même si
Monica Bellucci a vraiment un rôle minuscule (mais c'est peut-être mieux ainsi), le métrage de John Turteltaub fait passer 105 minutes de pur plaisir (coupable ?) et se regarde avec la même facilité qu'il s'oublie dès la projection terminée.
Mélange de scènes d'action aux effets visuels incontestablement réussis et de gags à deux niveaux (ceux des tout-petits et ceux des plus grands), L'Apprenti Sorcier fait passer un bon moment malgré un manque d'originalité flagrant.