Presque 50 ans après un passage à la télévision, Le Frelon Vert et son acolyte Kato investissent enfin le grand écran. Résultat ?
Michel Gondry es-tu là ? Voilà la question qu'on se pose tout du long de cette adaptation de la célèbre série télé des années 60 (elle-même tirée d'un feuilleton radiophonique) qui permit autrefois à
Bruce Lee de démarrer une carrière internationale. Engagé en plein milieu d'une gestation déjà retorse (le départ progressif de
Stephen Chow), le français s'est carrément jeté dans la gueule du loup en s'essayant (apparemment en toute connaissance de cause) à un cinéma hollywoodien très éloigné du sien, au risque d'y perdre son âme.
Film de commande avant tout,
The Green Hornet doit donc se voir pour ce qu'il est : une pause impersonnelle tenant davantage de la démonstration d'un savoir faire technique au service d'un projet qui se distingue là où les fans de
Michel Gondry (et les amateurs de supers-héros) ne l'attendaient sûrement pas. Car à force de retenir son attention sur le metteur en scène des
Eternal sunshine of the spotless mind et
La Science des Rêves ou sur le passé de la « franchise », on en a oublié qu'il s'agissait d'une production initiée, bâtie et encadrée par
Seth Rogen et son acolyte
Evan Goldberg dont la dernière collaboration remonte au
Délire Express de
David Gordon Green sur lequel
The Green Hornet semble vouloir s'accorder… pour le meilleur mais surtout pour le rire.
Davantage que son côté actionner (correctement emballé par la seconde équipe) ou la naissance d'un justicier masqué, le script des deux joyeux larrons livre tout son potentiel dans la comédie expansive, façon
Judd Apatow, qui prend toute sa dimension plaisante lors des échanges entre le clown de service Brit Reid et son partenaire sérieux Kato (
Jay Chou plus convaincant que jamais) offrant à
The Green Hornet ses meilleurs passages. On apprécie également que vingt-sept ans après
Les Aventures de Jack Burton de
John Carpenter, un blockbuster américain ose renverser la valeur du statut du supposé héros et de son sidekick. Par contre du côté de la jolie plante décorative
Cameron Diaz et du méchant sous-exploité
Christoph Waltz, les conventions demeurent les mêmes.
La touche Michel Gondry s'efface totalement derrière une grosse machine hollywoodienne qui réussit l'essentiel : divertir. Rien de plus.