Très attendu par les fans après l'excellent Watchmen - Les Gardiens, cette revisite d'Alice au pays des Merveilles façon steampunk défraie la chronique.
Déjà en 2009, les célèbres Watchmen avaient fait couler beaucoup d'encre. Trop proche du comics, laissant peu de place au suspens, il avait aussi su contenter les gros fans de la franchise notamment grâce au talent d'un réalisateur controversé qui avait fait ses preuves, quoiqu'on en pense, sur
300. Deux ans plus tard et un film d'animation à son actif,
Zack Snyder revient au cinéma, en attendant son prochain chef d'œuvre ?
Tout l'intérêt de
Sucker Punch réside en grande partie dans son univers visuel absolument splendide. Le réalisateur montre avec talent qu'il sait y faire avec les effets spéciaux et les fausses couleurs pour instaurer une ambiance cradingue, poisseuse et parfois fortement colorée. Plaçant le spectateur dans un centre psychiatrique,
Zack Snyder nous emmènera par la suite dans un véritable jeu vidéo où se mêlent action frénétique et référence vidéo ludique. Cet univers fantasmagorique est une belle réussite, ce qui fait de
Sucker Punch l'un des plus « jolis » films de cette première moitié de l'année. Là où il fait toute la différence, c'est sans aucun doute durant les scènes d'action qui mèneront les différentes héroïnes dans de multiples mondes aussi divers que variés. Il serait injuste de prétendre que
Sucker Punch est un Alice-like, dans le sens où si le personnage principal est bel et bien blond, ça ne veut pas dire pour autant qu'elles ont le même but. En effet, si les 4 jeunes filles veulent partir de cet enfer (l'hôpital psychiatrique), les différents évènements vont finalement se révéler bien plus insurmontables qu'espérés par le groupe.
Les décors sont de toute façon une vraie réussite, et rappellent pour certains
Shutter Island, notamment l'hôpital ou bien le côté sombre et glauque des environnements extérieurs.
Zack Snyder ne cache jamais son jeu et ses références, il les met bien en évidence afin de satisfaire son public phare : les geeks. Car oui,
Sucker Punch surf indubitablement sur cette mode, non pas que ce soit un défaut, rassurez-vous, ça ne l'est pas, mais à force de vouloir trop en faire, on fini par perdre l'effet de surprise. Évidemment que le scénario n'est pas le plus recherché qui soit, ou même le mieux construit, mais le réalisateur montre qu'il sait faire fi de tout cela en démontrant que malgré une coquille vide, on peut faire un film d'exception qui marque.
Et que serait
Sucker Punch sans son quintette d'actrices à la fois sexy et redoutables qui brillent littéralement à l'écran, notamment
Emily Browning, véritable révélation de l'année, aux côtés des moins connus, mais néanmoins excellentes
Jena Malone,
Abbie Cornish,
Vanessa Hudgens et
Jamie Chung. Elles sont évidemment bien aidé par les très bons choix opérés au sein du cast secondaire puisque l'on se souviendra longtemps de
Carla Gugino, magnifiques dans ce rôle du docteur Vera Gorski, ou d'
Oscar Isaac, le terrible Blue Jones. Il y a de quoi faire, et il s'agit d'une belle leçon de casting.
Sucker Punch se détache également de la concurrence avec à son bord un univers sonore qui plonge le spectateur dans l'ambiance dès le départ dont un générique se déroulant sur une reprise de Sweet Dreams, tandis que le reste du film baignera au sein de mash-ups marquants.
Sucker Punch est une réussite dans son ensemble. Malgré un scénario discutable, on sort de la salle bouleversée par une ambiance exceptionnelle retranscrite de manière quasi parfaite à l'écran par ce que l'on peut désormais appeler un « maitre du cinéma ». Sans aucun doute l'une des claques de l'année.