Succès outre-Atlantique, Prom Night - le bal de l'horreur n'est finalement pas le pourvoyeur de frissons estivaux escompté...
Pour Donna, le plus grand événement de sa vie lycéenne est sur le point de se produire … le bal de promo. Pas de chance, trois jours plus tôt, son professeur qui a massacré sa famille il y a quelques années de cela, s'est échappé de sa prison psychiatrique. L'occasion pour
Prom Night – le bal de l'horreur, remake du film éponyme des années 80 avec
Jamie Lee Curtis, de sonder les abysses du slasher.
Auréolé de son statut de numéro un du box-office américain, pour
Prom Night – le bal de l'horreur ne fait jamais illusion, tant il n'est régi que par des considérations mercantiles. Produit par
Neal H. Moritz (
Fast and Furious,
Furtif,
XXX…), il marque le retour aux premiers amours de l'homme à qui l'on doit
Souviens-toi l'été dernier,
ou Urban Legend pour un résultat encore moins glorieux que ses ainés, que l'on viendrait presque à regretter.
Car si ces derniers ne sont pas des fleurons du genre, ils avaient pour mérite d'investir un univers « original », avec des acteurs sympathiques, bien que pas vraiment inoubliables (Jennifer Love Hewitt, Paul Walker, Joshua Jackson… mais aussi Jared Leto). Ici, l'inanité du scénario de cette vaine relecture dispute la première place à la fadeur des interprètes principaux, à la tête desquelles se place l'inconsistante Brittany Snow. Surtout, ce néant artistique est amplifié par un jeunisme horripilant et une aseptisation totale.
Tous ces gentils adolescents ethniquement représentatifs, propres sur eux, trépignant sur le dance-floor seront ainsi livrés en pâture au tueur, sans effusion de sang, selon la même routine meurtrière intervenant de façon métronomique. Entre ces « exécutions », les protagonistes auront l'occasion de se rendre compte que les années lycées sont finies, qu'il va falloir grandir, mais surtout de désigner le roi et la reine de la promo, lors de dialogues des plus éculés. Aucun enjeu psychologique ne pointe donc à l'horizon, ni même la moindre sueur froide...
La faute à un psychopathe en plastique, monolithique, dénué de réelles motivations, tellement insaisissable que la caméra ne parvient à le suivre, manquant près de la moitié de ses meurtres, et ayant bien du mal à expliquer ses déplacements physiquement impossibles. L'incohérence s'ajoute donc aux carences de la mise en scène, incapable de gérer ses situations, et préférant user des éternels artifices (ombre furtive, apparition dans un miroir…) dans un style tape-à-l'œil anémique. Elle est bien aidée en cela par un scénario incohérent d'une véritable paresse. Le pire est que tout cela n'est même pas drôle au second degré par sa totale désincarnation, un comble.
On a alors un peu de peine pour les figures connues des sériphages, venues ici se perdre comme Jessalyn Gilsig - Gina dans Nip/Tuck – mais surtout Idris Elba et James Ransone, respectivement Stringer Bell et Ziggy dans l'excellente The Wire. On pourra cependant trouver un léger intérêt sociologique à l'entreprise en constatant l'évolution d'une jeunesse américaine, où les groupes de rock ont laissé la place à un DJ passant Tokio Hotel ou Bloc Party. Et d'une société où l'on envoie le S.W.A.T déloger un boogeyman... A l'issue de ce bal de promo, seules deux séquences restent alors symboliquement en mémoire, celles d'ouverture et de fermeture, sur fond de rock-FM pêchu. La première, encore pleine d'espoir et de promesse. La seconde sonnant une fin salvatrice… Slasher aseptisé destiné à séduire le plus grand nombre, Prom Night – le bal de l’horreur est un fiasco artistique complet, où ne règne que l’ennui.