Quatrième volet d'une des sagas horrifiques les plus lucratives de tous les temps, Saw 4 marque clairement une chute de niveau. Et si on arrêtait de jouer ?
À l'heure où j'écris ces lignes, la franchise a déjà rapporté plus de 500 millions de dollars à travers le monde rien que lors de son exploitation en salles. Les producteurs auraient alors tort de se priver de ressortir la poule aux œufs d'or tous les ans. Après deux premiers volets assez ingénieux aux scénarios bien fagotés et un troisième qui arrivait encore à sauver la face, la saga tourne cette fois à vide, la faute à un scénario qui se veut malin mais qui est en fait inutilement retors et en perdra plus d'un en route, le sentiment de s'être fait berner pointant rapidement le bout de son nez, surtout lors d'un final difficilement crédible, voire carrément ridicule. Un peu comme dans le volet précédent, et ce pauvre père devant déjouer les énigmes les unes après les autres, c'est cette fois un flic qui doit subir toute une série d'épreuves en servant involontairement de bras droit à un Jigsaw invisible, n'intervenant que par le biais de cassettes audio disséminées sur son parcours.
Jigsaw est mort, et la franchise avec lui il faut croire. Celle-ci ne peut donc plus se reposer sur le seul élément qui maintenait la franchise à flots, c'est-à-dire le scénario, qui tente ici maladroitement d'humaniser un peu Jigsaw en effectuant de nombreux retours dans le passé pour nous compter ses déboires personnels, mais tout cela est trop fait à la va-vite pour apporter une réelle émotion au métrage. Mais qui tire les ficelles de ce nouveau jeu ? Le film tente de nous faire patienter jusqu'au bout en nous servant une intrigue policière peu convaincante et un montage qui a plus le don d'embrouiller qu'autre chose.
Ce quatrième volet décevra également les fans des différents pièges machiavéliques posés par Jigsaw lors des volets précédents. Ici, la plupart se complaisent dans la putasserie de mauvais goût, juste pour montrer des images chocs qui s'enchaînent à un rythme effréné, soutenu par une réalisation toujours aussi clippesque et surdécoupée de
Darren Lynn Bousman. Celui-ci, espérons-le, semble avoir torché ce quatrième épisode pour s'atteler le plus rapidement possible à son opéra horrifique,
Repo! The Genetic Opera, pour lequel sa mise en scène sera sûrement plus adéquate.
Lâché par son scénario et pas aidé par une réalisation qui requiert l'absorption de toute une boîte d'aspirine à la sortie de la projection, ce volet n'est pas non plus gâté par l'interprétation des acteurs, tous bien perdus au milieu de ces innombrables pièges et de toute cette hémoglobine, semblant se démener comme de pauvres rats de laboratoires dans leur labyrinthe. L'affiche américaine du film clame « c'est un piège », et c'est effectivement le cas, le seul problème étant que la victime principale est le spectateur qui trouvera peut-être sous son siège une cassette audio lui disant : « La déception en regardant le film jusqu'au bout ou du temps gagné en quittant la salle sur le champ ? A toi de choisir ! ». Sacré Jigsaw, tu nous auras tous… Jigsaw est mort et la franchise avec lui. Saw 4 continue à aligner les pièges tordus mais n’a cette fois pas de scénario assez solide pour soutenir le tout, qui finit donc par sentir fortement le réchauffé. Saw 5 arrive dans un an…