Premier dessin animé issu de la fusion Walt Disney/Pixar, Volt, star malgré lui s'avère un divertissement de haute volée parfaitement réussi.
Premier long métrage d'animation Disney à avoir été conçu et, surtout créé, pour la 3-D,
Volt, star malgré lui portait beaucoup d'attentes pour les amateurs de dessins animés américains. En effet, avec
John Lasseter (réalisateur de
Toy story 1 et
2,
1001 pattes,
Cars, aujourd'hui directeur de la création des studios
Walt Disney et
Pixar) aux commandes de la production exécutive,
Volt, star malgré lui n'avait pas le droit à l'erreur que cela soit du point de vue narratif (savoir être divertissant tout en gardant les « bonnes vieilles » valeurs morales chères aux productions Disney) et formel (réussite du processus –relief). Pas d'inquiétude à avoir, le premier film de
Chris Williams et
Byron Howard marche à (pratiquement) tous les niveaux. Personnages sympathiques, scènes d'action très efficaces, discours sur la découverte de la vraie personnalité de soi, visuel étonnant ne cherchant pas à éblouir constamment par des effets de choc qui ne trouveraient pas de justification,
Volt, star malgré lui étonne, émeut, distrait. Tout ce qu'il faut pour passer une bonne séance en famille. Mais qui est vraiment le prénommé Volt ?
Est-il utile de le préciser ? Volt est un petit chien tout trognon (un Berger blanc américain), héros de fiction aux pouvoirs génétiques amplifiés (vision laser, super-aboiement), capable de tout pour sauver sa maîtresse Penny des griffes du méchant Dr Calico, ami des chats qui cherche à percer les formules mystérieuses du « papa » de la petite fille. Mais, en vérité, sorti de sa sérié TV, Volt est un chien comme tous les autres. Quel est le problème ? Lui-même ne le sait pas et quand, par un concours de circonstances, il va se retrouver à New-York, bien loin de Hollywood, Volt, en chemin pour retrouver sa maîtresse, va devoir apprendre à se connaître, épaulé pour cela par une chatte, la dégourdie mais méfiante Mitaine et un hamster surexcité, Rhino, véritable fan des aventures de Volt à la télévision, qui ne quitte pas l'intérieur de sa boule en plastique.
Sorte de
Truman show animalier,
Volt, star malgré lui débute par une séquence d'anthologie à la James Bond dans laquelle le chien et sa maîtresse déjouent, à la fois, hélicoptères, missiles et explosions. La scène est d'une efficacité redoutable et, rien que pour elle, on vous conseillera d'aller voir le film dans sa version en relief. De ce départ jouissif, on assiste à la vraie nature de Volt, son amour pour Penny, ses nuits enfermé dans une caravane de studio raillé par les chats de la série qui se moquent de sa naïveté (le doublage des chats comme ceux, plus tard, des pigeons à l'accent du Sud est effectué avec beaucoup d'humour par
Omar Sy et
Fred Testot qui avaient déjà prêté leur voix aux béliers de
Frère des ours)… Si la suite est, par conséquent, plus « classique »,
Volt retrouve toute sa verve quand le chien arrive à New-York (découverte des autres personnages) et surtout, lors de son retour aux studios pendant lequel l'action redémarre avant de ne plus nous lâcher jusqu'à la toute fin du film.
Il est vrai cependant (et la production ne s'en cache pas) que
Volt, star malgré lui reste avant tout un film
Disney et que, malgré ses nombreuses qualités (drôlerie des personnages, des situations, rythme régulier une fois la véritable histoire mise en place) qui en font probablement le meilleur film des studios depuis très longtemps, il s'adresse plutôt aux enfants même si il a de gros atouts (la folie de Rhino, la 3D mêlée à la simplicité de certains décors…) pour également plaire aux plus grands. On regrettera cependant que la chanson, propre à tous les films de la firme aux 90 années, soit aussi niaise (en français, « Un chien, un chat et un rongeur », tout un programme !) et vienne un peu gâcher l'enthousiasme que
Volt, star malgré lui peut, souvent, provoquer chez le spectateur. Défaut certes mineur pour une œuvre ambitieuse qui nous apporte toute la magie dont le dessin animé peut être capable quand il allie dextérité et classicisme, folie et douceur. A voir avec (ou sans) lunettes.
Volt, star malgré lui possède d'énormes atouts pour séduire petits et grands qui ne risquent pas de s'ennuyer devant les aventures du petit chien et de ses amis. Une réussite malgré quelques codes conventionnels propres aux machines disneyennes.