Rachel Weisz, Adrien Brody et Mark Ruffalo montent Une arnaque presque parfaite.
Rian Johnson, réalisateur et scénariste remarqué par son précédent et premier long métrage,
Brick, bénéficie cette fois d'un trio d'acteurs connus pour faire rayonner son film. Mais la sauce pend-elle vraiment ? On se retrouve à suivre les frères Bloom, qui se spécialisent rapidement dans le domaine de l'arnaque, enchaînant les proies. Le plus jeune des deux veut souvent arrêter, mais se fait toujours remettre en selle par son grand frère. Voilà qu'un jour ils jettent leur dévolu sur Pénélope Stamp, une jeune et riche femme qui s'ennuie dans son château. Aussi pensent-ils que la proie sera facile ! C'est bien ce qu'ils croyaient…
Dans le domaine du film à arnaques,
Une arnaque presque parfaite (titre français ridicule) se pare d'un goût de déjà-vu bien handicapant, assorti d'une mise en scène fonctionnelle peu enlevée, qui laisse apparaître quelques longueurs. L'impression de déjà-vu laissée par cette énième histoire de manipulation pourra toutefois être quelque peu contre-balancée par un scénario bien écrit, qui arrive habilement à mélanger réalité et arnaque, de façon à ce que le spectateur lui-même ne puisse plus forcément faire la différence à propos de ce qui se passe à l'écran. Les questions du « qui manipule qui ? » et « est-ce un coup monté ? » fonctionnent correctement et permettent de passer outre les quelques longueurs traînant ici et là.
Le film peut s'avérer quelque peu décontenançant par le mélange qu'il opère entre sérieux de surface d'un côté et tentative d'humour caustique pas toujours concluant de l'autre. On assiste ainsi à un jeu par moments un peu forcé de la part des comédiens, qui tend à décrédibiliser l'ensemble. Le tout se laisse néanmoins regarder comme un jeu à tiroirs amusant où le trio principal ne force certes pas son talent mais apporte du coffre à ses personnages, et est d'ailleurs très bien accompagné par
Rinko Kikuchi, incarnant un délicieux personnage, bras droit quasi-muet des frères Bloom s'exprimant principalement par mimiques. Il manque néanmoins à ce métrage le grain de folie nécessaire pour emporter une totale adhésion et il obtient donc plutôt un intérêt poli, étant du genre qui ne reste pas dans les mémoires.
Voilà un petit film d'arnaque qui se laisse gentiment regarder, mais qui ne marquera pas les mémoires.