La famille Furniker est de retour pour la troisième fois, pour le pire et juste le pire.
Depuis la première entrevue entre les familles Byrnes et Furniker, Greg (
Ben Stiller) est devenu un responsable à charge dans son hôpital : un travail fastidieux qui l'empêche de profiter pleinement de sa femme et de ses enfants. De plus, son salaire n'est pas assez élevé pour assurer la construction de leur nouvelle maison et mettre les siens à l'abri du besoin. C'est alors qu'il accepte de travailler avec Andi Garcia (
Jessica Alba), une attractive et complice représentante en pharmacologie. Tout pourrait se passer pour le mieux si Greg ne recevait pas son beau-père Jack (Robert de Niro) pour l'anniversaire des jumeaux : cela deviendra l'occasion pour Jack de tester les aptitudes de son gendre à devenir son héritier à la tête du clan Byrnes.
Aussi plaisant que fut
Mon Beau-père et moi, force et de constater que les malheurs de Greg au sein de sa belle-famille n'avaient rien de farouchement inoubliable. Alors de là à en créer une franchise… Mais c'était sans compter sur son succès qui imputa trois ans plus tard sur une suite montrant déjà de gros signes de fatigue et encore sept ans après sur un troisième (et dernier ?) opus dans une logique décroissante qualitative toujours plus prononcée. Pur produit commercial torché à la va-vite et détaché de toutes considérations louables,
Mon beau-père et nous est une plaisanterie de mauvais goût qui devrait (du moins on l'espère) sonner le clash entre les spectateurs et les Furniker.
La faute en premier à un rire pointant aux abonnés absents, ce qui est toujours un problème majeur pour une comédie. Un peu de finesse ne peut jamais faire de mal, surtout dans une tripotée de gags poussifs, vulgaires ou ayant passé depuis longtemps leur date de péremption. Un manque de ressort comique qui est directement la fâcheuse conséquence d'un script brouillon qui, non désireux d'exploiter une piste principale de manière « sérieuse », conséquente et originale, préfère emprunter une multitude de pistes (la supposée infidélité de Greg, la candidature de sa marmaille dans une école de privilégiés, le retour de Kevin (
Owen Wilson)…) sans aller jusqu'à leurs conclusions.
A ce titre, la participation tardive et très secondaire de
Dustin Hoffman est particulièrement notable de ces errements constitutifs dans le sens où on ne comprend pas bien la démarche d'
Universal Pictures d'accepter les caprices pécuniaires de la star uniquement pour justifier le retour à l'écran de son personnage étant donnée son extrême inutilité dans la progression du récit. Quel que soit le prix que le studio a mis sur la table pour convaincre l'acteur de revenir, c'est obligatoirement trop. Tout comme le salaire de l'ensemble des comédiens de
Mon beau-père et nous qui se contentent d'investir leur espace pré-établi sans se mouiller devant la caméra du remplaçant invisible
Paul Weitz :
Robert de Niro fait ses gros yeux,
Ben Stiller joue les maladroits… la routine de cette saga familiale qui aurait dû s'arrêter il y a déjà dix ans car on sait bien que ce sont les blagues les plus courtes qui sont généralement les meilleures.
Le pire des trois, incapable de provoquer le moindre petit sourire.