Ridley Scott / Russell Crowe, nouvel acte. Cette fois ils nous racontent Robin des Bois à coup de grand spectacle.
Dix années ont passé depuis
Gladiator et la fidélité entre
Ridley Scott et
Russell Crowe n'est plus à démontrer, les deux hommes ayant enchaîné ensemble ces dernières années des films aussi hétéroclites qu'
Une grande année,
American Gangster et
Mensonges d'Etat. Voilà qu'ils s'attaquent désormais à la légende de
Robin des Bois, loin de la version du duo
Kevin Reynolds /
Kevin Costner, qui date d'il y a maintenant 20 ans. On y raconte en fait la construction du futur
Robin des Bois et on évoque donc plus par conséquent la vie de Robin Longstride. De son détachement de l'armée royale, à son usurpation d'identité de Robert Loxley en passant par le coup fourré fomenté entre le Roi de France et Godfrey, bras droit du Roi John.
Comme l'avaient confessé eux même
Ridley Scott et
Russell Crowe, le
Robin des Bois, prince des voleurs de 1991 ressemblait à « un long clip de Bon Jovi ». Et ils ne se font pas prier pour dépoussiérer l'image proprette véhiculée dans ledit film afin de livrer une œuvre guerrière plein de fureur 2h20 durant. Qu'on se le dise, ce
Robin des Bois n'est clairement pas un « film pour midinettes »,
Ridley Scott visant le grand spectacle - intelligent – comme fil rouge d'une œuvre limpide. Sous un abattage de joutes toniques agréablement mises en scène et de musique vrombissante pleine d'à-propos, le metteur en scène ne néglige pas ses personnages en parvenant à présenter des protagonistes tout de suite emblématiques au sein d'un film globalement bien « burriné » où les femmes se retrouvent forcément un peu coincées dans des rôles accessoires. Heureusement que le jeu toujours convaincant de
Cate Blanchett parvient à faire exister sa Marianne face à ce déferlement de testostérone qui ravira tout amateur de film d'aventure et qui assume parfaitement son côté « rentre dans le tas ».
Peu importe donc que
Ridley Scott s'accorde quelques libertés avec les vérités historiques (voir le débarquement façon D-Day) tant il fait preuve d'un savoir-faire à toute épreuve où les concessions commerciales d'une œuvre obligée à l'efficacité s'avèrent être très bien canalisées pour donner un résultat sincère où l'héroïsme n'est jamais synonyme de fadaise et où l'agitation ambiante n'est que belle retranscription des temps chaotiques représentés. Encore une fois,
Russell Crowe remplit son rôle avec brio même s'il est vrai que lui donner un look un peu différent à celui qu'il avait dans
Gladiator n'aurait pas été une mauvaise idée.
Belle épopée guerrière agitée 2h20 durant, le Robin des Bois de Ridley Scott dépoussière plus qu'efficacement le mythe.