Colin Farrell,
Brendan Gleeson et
Ralph Fiennes : Trois tueurs à gages dans la putain de ville de Bruges !
Quoi de neuf à Bruges ? Eh bien des tueurs à gages y flânent, visitent la ville et se cherchent des noises. Le programme vous tente ? C'est ce que vous propose le réalisateur
Martin McDonagh, dont c'est le premier long métrage après avoir reçu un Oscar du meilleur court en 2006. On se retrouve à suivre deux tueurs à gages sortant d'un contrat qui a mal tourné, qui sont envoyés se faire oublier à Bruges. A cause du manquement de rigueur de l'un d'entre eux, le grand chef ne va pas tarder à débarquer au milieu d'un bel imbroglio.
Il faut le dire tout de suite, le petit problème de
Bons baisers de Bruges est qu'il ne parvient pas à choisir une vraie voie. Oscillant entre le polar pur et la comédie noire à la britannique, le film a de quoi décontenancer, tout au moins au début où il faut un temps d'adaptation pour appréhender le faux rythme installé par le metteur en scène. Le film arbore un ton bien désabusé et prend le temps de contempler une ville de Bruges véritablement sublimée et mise en images, comme un monde hors du temps, grâce à un superbe travail sur la photographie qui met en avant la belle architecture et tout le patrimoine culturel de la cité. Néanmoins, au fur et à mesure que le film avance, on apprécie vite le ton assez politiquement incorrect de l'œuvre et la réflexion plutôt subtile qu'il propose sur le thème de la rédemption.
En effet,
Bons baisers de Bruges, sur un scénario sans grande surprise, déploie toute une panoplie de scènes et de dialogues bien sentis, tantôt hilarants tantôt émouvants, qui n'hésitent pas à taper sur les nains, les homos, les enfants, les gros … et le fait plutôt bien. On se délecte alors de quelques reparties cinglantes et de scènes marquantes qui nous trimballent entre burlesque et noirceur, portées par un trio d'acteur en très grande forme. En plus de ça, le film se pare d'une évocation assez juste du sentiment de culpabilité et de la difficile repentance. Lorsqu'on a fait des choses terribles, peut-on vraiment les oublier et vivre avec ? Le film tente en tous cas d'y apporter une réponse sincère et touchante.
Dans
Bons baisers de Bruges, l'acteur qu'on remarque le plus, c'est forcément Collin Farrell, dans un rôle jamais vu de tueur à gages fragile et nerveux au centre des passages les plus drôles du film, avec un jeu délectable frôlant le cabotinage.
Brendan Gleeson, avec sa carrure, est grandement crédible en « mentor » posé et cultivé tandis que
Ralph Fiennes est tout bonnement éclatant en chef de gang qui jure à tour de bras. On pourra juste regretter une tentative d'histoire d'amour pas très convaincante entre
Colin Farrell et
Clémence Poésy, heureusement plutôt vite laissée de côté.
Martin McDonagh s'avère au final plutôt doué pour détourner et se moquer des codes du polar et tire le meilleur de ses trois grands interprètes. Une curiosité à découvrir ! Pas forcément le film du siècle, Bons baisers de Bruges est un brassage des genres plutôt sympathique.