Sophie Marceau est La Disparue de Deauville et Christophe Lambert court derrière elle.
Cinq ans après
Parlez-moi d’amour,
Sophie Marceau nous livre son second film en tant que réalisatrice. Ici, Jacques, un flic perturbé par la mort toute fraîche de son épouse, voit apparaître dans sa vie une mystérieuse femme qui ressemble étrangement à Victoria Benutti, une célèbre actrice morte trente ans auparavant. Il va alors être entraîné au cœur d’une affaire de famille assez tumultueuse.
Sophie Marceau aime le cinéma et le démontre à travers ce film qui tente de rendre hommage aux films à suspense d’autrefois, noirs et avec une pincée de fantastique. Se prenant pour Audrey Hepburn, elle s’offre un rôle de femme mystérieuse dans ce film qui tente de mixer maladroitement tension et glamour. On sent les intentions sincères de l’actrice, on se rend compte de son énergie pour nous transmettre l’amour qu’elle a pour un certain genre de cinéma, mais on se rend bien compte également de ses limites dans la maîtrise de la mise en scène.
Sophie Marceau fait de
La Disparue de Deauville un grand terrain d’essais pour tenter des effets de styles pas toujours très concluants, voire franchement plombants par moments. Dommage qu’elle se sente obligée de surcharger visuellement son film car l’histoire tient plutôt pas trop mal la route et parvient à tenir le spectateur en éveil jusqu’à la fin peut-être un peu tarabiscotée.
Pour ce film,
Sophie Marceau a pris le risque de confier un rôle principal à
Christophe Lambert, pas franchement en grande forme ces derniers temps, qui livre ici une prestation plutôt agréablement surprenante car l’acteur est crédible dans ce rôle de flic déboussolé et déprimé, et n’en fait jamais trop. Les seconds rôles sont tenus par des acteurs tous estimables (
Simon Abkarian,
Robert Hossein,
Marie-Christine Barrault,
Nicolas Briançon) mais on a l’impression assez bizarre qu’ils surjouent le plus souvent, livrant des prestations parfois trop théâtrales qui ont de quoi déstabiliser. Au final,
La Disparue de Deauville nous laisse le sentiment étrange d’avoir suivit une intrigue pas si inintéressante que ça mais dont l’aspect beaucoup trop approximatif de la mise en scène et du jeu des acteurs nous laissent sur notre faim. Sophie Marceau nous livre avec La Disparue de Deauville un film assez sincère, témoin de son amour pour les films à suspense d’autrefois teintés de glamour. Dommage que la surcharge d’effets de style et la mise en scène trop approximative plombent un peu le tout.