Vous voulez vraiment embarquer à bord des Passagers ? Parce que le voyage n'est pas sans risques, loin de là.
Après presque dix ans d'existence, Le
Sixième Sens de
M. Night Shyamalan aura apporté son lot de jouissances autant qu'une pile de casseroles lourdes à porter: bien malgré elle, l'œuvre a ouvert en grand la voie aux thrillers à twists dont la majorités arrivés sur nos écrans ne se sont pas encombrés des mêmes exigences et de principes d'édification de leur scénario, élément demeurant pourtant la pièce maîtresse de toute bonne horlogerie. Combien d'indigestions causées par des bandes opportunistes pour pouvoir se délecter d'une poignée de mets fins (
Les Autres) ?
Le bilan n'est pas fameux et ne risque que de se détériorer avec l'arrivée de
Les Passagers de
Rodrigo Garcia, auquel il ne faut pas plus de cinq petites minutes pour démasquer le plan de vol devant nous amener à découvrir le pourquoi du comment des rescapés d'un crash d'avion se mettent subitement à disparaître un à un, au grand désarroi de leur psychologue qui y voit un complot de la compagnie aérienne désirant étouffer l'affaire. Pas si simple que cela. En fait si, simple comme bonjour, tout l'édifice du film échafaudé par le gratte-papier
Ronnie Christensen (son premier ouvrage pour le cinéma et malheureusement pas le dernier) reposant uniquement sur cette fragile et vide conclusion dénotant d'une fumisterie sans nom. Normal donc que
Les Passagers s'écroule à la manière d'un vulgaire château de cartes construit en plein tremblement de terre.
Une chute d'une heure et demie interminable puisque rien ne vient en agrémenter le trajet. Les indices sont tellement frappant (même le titre en est un !) qu'ils ne suscitent pas la moindre interrogation ou remise en question de nos certitudes premières, le suspense est bien sûr inexistant et le discours philosophe sous-jacent révèle de la psychologie de bazar. Devant une telle débâcle, les quelques « mérites » qu'on pourrait trouver pour défendre l'objet (le refus du spectaculaire pour une ton intimiste) ne peuvent ralentir la catastrophe. Les acteurs ont l'air d'y croire mais ne bénéficient pas suffisamment de matière avec laquelle composer malgré que la caméra du réalisateur sache mettre en valeur leurs attributs, surtout une
Anne Hathaway à la moue craquante. Maigre consolation.
Décollage et atterrissage loupé pour ce thriller surnaturel cultivant toutes les tares et maladresses du genre depuis ses dix dernières années et qui n'offre même pas de gratification pour ceux ayant su le percer à jour.