Séparé en deux pour des raisons purement marketing, l'ultime volet de la saga Harry Potter arrive à nous convaincre de l'utilité d'une telle décision avec cette première partie.
Cette fois-ci, rien ne va plus dans le monde des sorciers. Voldemort est de retour, c'est indéniable, le Ministère de la magie ne va plus tarder à tomber entre ses mains, mais déjà il faut évacuer le jeune Potter, élu des sorciers, qui est le seul à pouvoir battre celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Mais à l'heure où des agressions sur des moldus ont lieu et où l'escorte de Harry tourne mal, ce dernier décide de quitter le confort des Weasley avec Ron et Hermione afin de retrouver les horcruxes, des morceaux d'âme de Voldemort, et protéger ses proches.
La saga Harry Potter n'a pas été de tout repos. Et si les qualités des romans n'ont jamais été remises en cause, ce sont surtout leurs adaptations cinématographiques qui ont posé le plus de problèmes. Tantôt très fidèles, trop souvent complètement à côté de la plaque, les scénaristes ont toujours préféré se concentrer sur les amourettes entre les personnages plus que sur la trame générale de la série. Le sixième film en est d'ailleurs le parfait exemple puisque la trame autour des horcruxes est mise de côté au profit du premier baiser de Harry et Ginny. L'attention est louable, et ce passage prend certes pas mal de temps dans le bouquin, mais de là à ne se concentrer que sur cet évènement, il y a des limites. Surtout que le septième film, séparé en deux, ne tient pas compte de cette débâcle scénaristique et commence sur les chapeaux de roues. En clair, soit vous avez saisi l'intérêt de ces petits objets, soit vous êtes out et il est inutile de vous précipiter en salle.
Cela étant dit, le septième film, en tout cas pour sa première partie, offre une excellente adaptation. Si à l'époque, la décision de séparer cet ultime volet en deux n'avait pas franchement était appréciée des fans, il en résulte qu'il s'agissait finalement d'une décision censée. Les 2h30 de cette partie 1 sont plutôt intéressantes, car cela permet surtout à l'histoire de se poser et d'inclure quelques passages peu importants, mais finalement très utiles pour revoir les différents protagonistes de la saga. Le mariage entre Bill (sorti de nulle part) et Fleur est certes très écourté, mais au prix d'une scène stupéfiante mettant le spectateur dans l'ambiance, et les personnages en danger. Car après l'excellente scène d'introduction, un peu courte, mais néanmoins impressionnante, le rythme retombe, laissant s'imposer une ambiance à la fois calme et sombre.
La prise du ministère de la magie et l'arrivée des Mangemorts sonne comme un avertissement pour le spectateur : plus question de rigoler désormais, place aux drames, aux ténèbres de la nuit et aux meurtres. Car ce qui change le plus dans cet
Harry Potter et les Reliques de la Mort, par rapport au sixième opus, c'est sans aucun doute cette atmosphère pesante, fidèlement retranscrite du bouquin, et noire. Exit les embrassades et les petites touches d'humour inutiles, place à la fuite incessante du trio et à la montée en puissance de Voldemort ; un Voldemort ici campé par
Ralph Fiennes avec toujours autant d'audace et de talent. Et comme à chaque fois, ce sont les personnages secondaires qui se révèlent être de meilleure qualité. Malgré une VF qu'on ne vous conseillera pas et qui plombe le jeu d'acteurs, nous donnerons toutefois une mention spéciale à
Emma Watson qui signe ici un sans-faute notamment lorsqu'elle va accompagner Harry dans ses recherches sur son passé et celui de Dumbledore.
Mais si on se félicite enfin de cette adaptation fidèle de l'univers créé par
J.K. Rowling, grâce à laquelle on retrouve les qualités du septième livre, on y retrouve aussi ses défauts ! Le scénario de la première partie va amener le trio de tête à se poser des questions sur leurs sentiments, sur leur avenir, et plus encore. En fuite, il n'y a pas grand-chose à faire à part retrouver des horcruxes et les détruire. Seul problème, le manque évident de rythme du livre durant ces passages se ressent également à l'écran. Difficile donc de se passionner pour le film durant 2h25 non-stop : il y aura forcément un moment où vous allez décrocher. Mais grâce à diverses scènes trépidantes, vous reprendrez bien assez vite le fil des évènements jusqu'aux dernières minutes (dramatiques) servant de cliffhanger pour la seconde partie qui n'arrivera qu'à l'été 2011. Une note sur la musique signée Alexandre Desplat à qui l'on doit déjà la B.O. de Twilight 2 par exemple. Splendide du début jusqu'à la fin, elle sait se faire discrète ou grandissante selon la situation, un véritable travail d'orfèvre.
Harry Potter et les Reliques de la Mort - Part.1 est-il le meilleur film de la saga ? Assurément non, mais il tient toutefois une bonne place, juste derrière Le Prisonnier d'Azkaban. La qualité de l'adaptation est à souligner, et il s'agit véritablement ici de faire plaisir aux fans et uniquement à eux. Toutefois, on regrettera les quelques coups de mou, pas forcément pénalisants, mais qui auraient largement pu être évités.