Sidney Lumet revient à la réalisation pour Jugez-moi coupable, une comédie où Vin Diesel a des cheveux !
Après une série consacrée à l’univers de la justice en 2001 et de nombreux films de procès au cours de sa longue carrière,
Sidney Lumet décide de revenir sur grand écran en continuant dans le monde du tribunal avec un angle différent. Il adapte ici l’histoire du procès de toute une mafia italienne, connu pour être le plus long de l’histoire des Etats-Unis. Le scénario présente donc cette histoire et révèle le personnage de Giacomo DiNorscio dit Jackie Dee, un des membres de l’organisation qui, déjà tombé pour vente de stupéfiants avec une peine de 30 ans d’emprisonnement, décide de se défendre tout seul, n‘ayant plus confiance en son avocat. Tout le monde découvre alors en lui dans la salle un homme doué d’un sens du spectacle extraordinaire qui mine l’autorité de la cour à chaque fois qu’il parle. Après un début expéditif balançant les informations nécessaires à la compréhension de l’histoire, le reste du film se concentre sur le procès en lui-même, alternant entre la salle d’audience, la salle des repas et quelques intermèdes en prison. La surprise pour le spectateur vient du casting pour ce personnage central du film. Alors que ce protagoniste est un italien bedonnant d’une cinquantaine d’années, le rôle revient à
Vin Diesel. Toutefois, loin de son image habituelle de films d’action, l’acteur apparaît avec des cheveux, du ventre et pas mal de maquillage.
La performance de l’acteur est l’un des intérêts principaux de
Jugez-moi coupable. A la recherche d’un rôle en contrepoint loin du piteux
Baby-sittor, Vin diesel se lâche, quitte à en faire parfois un peu trop. Sa performance générale reste toutefois surprenante et très agréable, dans ce rôle espiègle dont on ne sait s’il est un peu simplet ou totalement génial. Le personnage de Jackie Dee fait de l’ombre à tous les autres et, malgré le côté irréaliste de son histoire, on y croit assez vite. Son humour, parfois bas du front, transporte une réelle bonne humeur. L’ambiance simple est renforcée par l’utilisation d’une musique jazzy, classique dans les polars. Comme dans tout film de procès de qualité et comme il a su faire tout au long de sa carrière,
Sidney Lumet place le spectateur dans le rôle du juré avec la particularité de savoir d’ores et déjà que tous les prévenus sont coupables. La grande question est de savoir si l’on va finalement condamner toute la bande. Le charme de DiNorscio est tel, avec son humour et sa volonté de nier malgré l’évidence, que ce qui paraissait un choix facile au début est loin d’être une sinécure pour les jurés au final.
Spectateur du show
Vin Diesel,
Sidney Lumet s’efface totalement à la réalisation. Il arrive toutefois à bien gérer les moments d’émotion où l’interprétation de l’acteur suit. Le tour de force du réalisateur de 82 ans est de mener son film à 2h05 sans que le spectateur s’ennuie une seconde. Sans atteindre des sommets cinématographiques,
Jugez-moi coupable se révèle un divertissement sympathique, véhicule parfait pour un
Vin Diesel voulant montrer un autre visage. Sidney Lumet signe un divertissement sympathique démontrant le talent comique de Vin Diesel.