Après la déception Shrek le troisième, DreamWorks Animation s'associe avec Jerry Seinfeld pour nous livrer Bee Movie - drôle d'abeille. C'est déjà mieux.
Jerry Seinfeld, très populaire surtout aux Etats-Unis grâce à la série télévisée
Seinfeld et à ses one man shows, a décidé un beau jour lors d'une discussion avec
Steven Spielberg, et sur les conseils de celui-ci, de faire ses premiers pas au cinéma. Et pour cela, c'est la voie très à la mode du film d'animation 3D qu'il choisit. Amateur de bons jeux de mots, il intitule son film
Bee Movie, qui peut se comprendre en l'état « film d'abeille » ou B-Movie, ce qui, aux USA, signifie « films de série B ».
Le jeune héros abeille de l'histoire se nomme Barry Benson et ne veut pas travailler à la ruche comme tout le monde en choisissant un des innombrables jobs à disposition où l'on se tue – réellement – à la tâche. Non, lui, ce qui l'intéresse, c'est de sortir au dehors, comme le font ces abeilles soldats, qui sortent pour récolter le nectar des fleurs et disséminer le pollen. En se glissant dans un escadron, il va se rendre compte que les humains exploitent le miel que ses semblables produisent à la ruche. Sacrilège ! Il engage sans tarder un procès contre eux, aidé par une jeune femme avec qui il a tout de suite fait ami-ami.
Bee Movie - drôle d'abeille est un film pour les enfants sans en être un qui leur est véritablement dédié, tout comme il saura accrocher les adultes un brin cinéphiles et ayant une certaine culture américaine, car il faut l'avouer, de nombreuses références échapperont à ceux qui ne connaissent pas un peu ce qui se fait au pays de l'Oncle Sam. Effectivement, si l'esthétique globale du film, très colorée, et l'aspect très chaleureux des personnages parlera aux enfants, il est difficilement plus prévisible de savoir si ceux-ci seront réceptifs à un film pour lequel
Jerry Seinfeld, qui en est le scénariste, a écrit des dialogues très travaillés avec bon nombre de jeux de mots et de références typiquement américaines. Ainsi, pas sûr que les passages impliquant
Ray Liotta ou
Larry King ne parlent à nos chères têtes blondes, tandis que les connaisseurs apprécieront tous les petits détails assez judicieusement placés ça et là, avec scène de tribunal faisant directement penser à certains films comme les américains les aiment jusqu'à des scènes de vols dynamiques très bien mises en images.
Bee Movie - drôle d'abeille nage donc un peu entre deux eaux mais sait toujours rester dynamique pour captiver son auditoire, et a le bon ton de ne céder ni à des parodies de pacotilles comme on nous en sert trop souvent, ni même à aucun moment à de la vulgarité assez pénible comme sur un
Shrek le troisième.
Jerry Seinfeld ne tombe pas dans les effets faciles, et c'est tant mieux. Techniquement, son film est loin de la perfection d'un Pixar, sans toutefois à avoir à rougir de ce qu'il a à nous présenter.
On regrettera un scénario hélas trop linéaire, sans surprises, et qui reste tout de même très politiquement correct, sans réelle prise de risque. Ainsi, le jeune Barry Benson va faire une erreur, s'en rendre compte à temps, et tout rentrera dans l'ordre. Pour apprécier le film, il faut également faire l'effort de rentrer dans un univers volontairement grossier, qui se moque clairement de toute vraisemblance (des abeilles qui parlent sans que ça ne choque vraiment, des facilités scénaristiques pour faire avancer l'histoire). Mais le film ne prend jamais le spectateur pour un imbécile et sait rester divertissant avec une VF très bien travaillée qui a su conserver l'esprit d'origine et pour laquelle
Gad Elmaleh effectue un très bon doublage. Le jeune héros qu'il double est tout de suite attachant et nous transporte tout au long du film, entouré également par quelques personnages secondaires savoureux, dont un certain moustique désabusé. Bee Movie n’est pas un film pour enfants classique, et ce n’est pas sûr que ceux-ci comprennent tous les dialogues ornés de références cinématographiques et américaines. Les amateurs de l’humour de Jerry Seinfeld, plus écrit que dans les films d’animation standards, apprécieront certainement un peu plus le film à sa juste valeur.