Les adaptations de jeux vidéo se ramassent à la pelle ces temps-ci : voici venu le temps de vivre l’expérience Doom sur grand écran.
Dès l’annonce de la mise en chantier du film, on avait de quoi se demander comment le film allait pouvoir être réussi et également de s‘affoler à la vue du choix à la réalisation de
Andrzej Bartkowiak, le réalisateur des « chefs-d’œuvre »
Roméo doit mourir et
En sursis. Nous voici donc avec un groupe de soldats d’élite envoyés sur la planète Mars dans une base scientifique où d’étranges incidents sont survenus. Ils ont pour mission d’aller récupérer, en compagnie d’un docteur, des informations importantes pour la société qui exploite les laboratoires sur place. Une fois arrivés sur les lieux, ils se rendent vite compte que quelque chose ne tourne pas rond et vont devoir faire face à des monstres plus horribles les uns que les autres.
Il est évident qu’en adaptant un jeu comme
Doom, le scénario se réduit à sa plus simple expression car l’attraction principale de celui-ci est de pouvoir déambuler dans les couloirs et de dégommer les différents monstres qui peuvent croiser votre chemin. On n'en voudra donc pas trop aux scénaristes de nous pondre une histoire très standard, quoique comprenant un subtil revirement sur la fin, même s’il n’y a tout de même pas de quoi crier au génie, loin de là. Les personnages sont tous caricaturaux à souhait et l’on retrouve ainsi le pervers de service, le gros dur, le brave gars, le jeune premier et des blacks qui sortent des vannes, sans oublier l’atout charme de service, la mignonne blonde qui est accessoirement docteur et très calée dans son domaine. Seul le grand chef du groupe a un rôle plus intéressant car un peu plus trouble. Pas de surprise donc et elle ne viendra pas non plus de la réalisation.
Andrzej Bartkowiak n’est pas doué pour la mise en scène et ça se voit. Celles-ci sont invariablement filmées de la même façon, sans envergures, nous perdant dans ce dédale de couloir. Les scènes de corps à corps avec les monstres sont surréalistes et risibles. Le film suit le schéma invariable de tout film d’action hollywoodien en nous sortant une musique hard rock à chaque fois que le danger s’approche (et même quand il ne se passe pas grand chose à vrai dire). Le film ne donne ni dans l’angoisse ni dans l’action mais le plus souvent dans l’ennui, il faut hélas le reconnaître.
La mise en route de l’histoire est très longue, les fausses alertes et les mauvaises blagues s’enchaînent sans sourciller. Du côté de l’interprétation,
The Rock, qui a hérité du personnage à la psychologie la plus « fouillée » (c’est un bien grand mot), arrive quand même à ne pas être crédible et les quelques moments où il est sensé être imposant provoquent plutôt des rires nerveux.
Karl Urban et
Rosamund Pike, quant à eux, font ce qu’il peuvent avec ce qu’on leur a donné. Bon , il faut avouer que ce film serait très mauvais sans cette idée sympathique d’introduire la vue subjective dans une séquence qui arrive tardivement mais qui vaut vraiment le détour. C’est là que les amateurs du jeu y retrouveront enfin leur
Doom avec cette prouesse technique qu’est la vue à la première personne utilisée dans une séquence hyper-nerveuse et très fidèle au jeu d’origine. On se met à la place du protagoniste avec une bonne grosse arme ou une tronçonneuse à la main. Tout bonnement jouissif ! Le problème c’est que la séquence dure à peine quelques minutes. Quelques minutes de bonheur qu’il faut savourer pleinement tant le reste du film est fade. Qui a appelé ce film Doom ? Cette adaptation n’a de fidèle au jeu que le passage en vue subjective, très bon mais qui dure à peine quelques minutes. Le reste n’est que du vide cinématographique même pas fun. Un comble pour l’adaptation d’un jeu qui dépote !