L'été vient d'arriver, amenant dans ses bagages son habituel cortège de sorties techniques. Aujourd'hui : la comédie américaine Balles de feu.
Balles de feu est l'œuvre des deux compères
Ben Garant et
Thomas Lennon, qui se sont illustrés sur les petits écrans américains via
Viva Variety et
Reno 911, avant d'officier en tant que scénaristes de seconde zone sur
New York taxi,
Baby-sittor ou, de manière plus réussie,
La Nuit au musée. On y suit un ancien pongiste prodige qui a subi aux jeux olympiques de 1988 à Séoul une grosse défaite le laissant humilié, en plus d'entrainer de funestes conséquences… Dix neuf ans plus tard, la CIA lui offre la possibilité de se venger des démons passés.
N'étant pas prêts à assumer totalement le folklore convoqué par le monde du ping-pong, comme ont pu le faire dans leur sport respectif
Dodgeball ou
Les Rois du patin, les deux scénaristes décident d'investir le « film de tournoi clandestin » où les combats d'arts martiaux cèderont leur place à ces matchs de ping-pong. C'est « la » bonne idée du film, permettant d'évoquer instantanément les souvenirs des ces films de tatanes qui ont bercé l'enfance de beaucoup, de
Kickboxer à
Opération Dragon, dont il reprend grossièrement la trame. C'est déjà aussi un premier aveu de faiblesse qui ne fera que se confirmer par la suite.
En effet, au-delà de ce parti-pris sympathique, le reste du long-métrage peine à convaincre par manque d'implication des auteurs. On passe rapidement sur la mise en scène - techniquement soignée, avec de bons effets spéciaux lors des confrontations, mais peu inspirée et incapable d'insuffler le rythme nécessaire - pour s'attarder sur le scénario poussif, véritable point noir de l'ensemble. Il sacrifie ainsi aux gags toute progression narrative digne de ce nom, se contentant d'enchainer les figures imposées comme il tire autant de ficelles éculées, et insérant des scènes à vertus comiques au dépend de sa logique interne. Ainsi on ne croira pas à la romance entre le héros et la belle asiatique, à son désir de vengeance, aux rebondissements dramatiques… à rien, en fait. Quant aux joutes sportives, elles n’ont que peu d’attrait scénique, scénaristique ou comique, relevant encore une fois d’avantage d’un passage obligé.
Le duo préfère donc tabler sur ce qu'il maitrise le mieux, l'humour. Ce qui n'est pas une si bonne idée que cela finalement. La majeure partie des gags et répliques tombent à plat, quand on n'a pas déjà deviné leurs chutes quelques secondes auparavant. Quelques vrais instants de stupidité parviennent à tirer le rire du spectateur de temps à autre, mais l'ensemble reste désespérément convenu et sans imagination. Cette absence de véritable sens comique vire même au mauvais gout lorsque le film cède à la caricature homosexuelle.
Au niveau de l'interprétation, les comédiens font avec ce qu'ils ont sous la main, jouant les utilités sans entrain. On apprécie toujours cependant de recroiser
Christopher Walken, ou des seconds couteaux tels
Robert Patrick et
Cary-Hiroyuki Tagawa.
Maggie Q est en revanche cantonnée à la portion congrue de faire-valoir du héros. S'il ne livre pas une prestation mémorable dans ce rôle,
Dan Fogler souffre surtout d'évoluer dans un registre similaire à celui d'un des meilleurs comiques actuels,
Jack Black, renforçant l'impression de déjà-vu (en mieux) de ces
Balles de feu qui pourront finir par lasser, voir exaspérer. Balles de feu croule sous les référents actuels de la comédie américaine, faisant du film un divertissement moyen qui, au mieux, se verra rapidement conscrit aux samedis soirs entre amis peu regardants et grilles de programmes de jours fériés.