Klapisch plonge un casting de rêve dans le cœur de Paris : Romain Duris, Juliette Binoche, Fabrice Luchini, Albert Dupontel, François Cluzet, Mélanie Laurent…
Cinq ans après son dernier opus
Les Poupées russes,
Cédric Klapisch décide de ranger, au moins pour un temps, le personnage de l'ancien étudiant en Erasmus Xavier et se frotte au genre sacré du cinéma bobo parisien actuel, le fameux film choral ! Quand, en plus, le film s'appelle
Paris et que l'affiche lorgne très fortement sur celle de
Babel de
Alejandro Gonzalez Inarritu, on se met franchement à craindre le pire.
Bien sûr, Klapisch a réussi à réunir un casting assez étourdissant, de l'inséparable
Romain Duris aux petits nouveaux (
Mélanie Laurent), des classiques (
Juliette Binoche,
Fabrice Luchini…) aux incontournables du moment (
Albert Dupontel,
Gilles Lellouche,
François Cluzet…). Pourtant, malgré cette pléiade d'acteurs, et donc de personnages, le réalisateur-scénariste décide de ne pas se jeter tout de suite complètement dans le film choral et concentre son récit sur les errements de deux personnages. Pierre, joué par
Romain Duris, est un danseur de cabaret frappé par une maladie cardiaque et que l'approche de la mort effraie. Roland Verneuil est lui un professeur d'université, joué par
Fabrice Luchini, déboussolé par son attirance envers une de ses étudiantes. C'est autour de ces deux personnages principaux que
Cédric Klapisch va construire son récit.
Loin du film choral, mais aussi loin de la comédie dans un premier temps. En effet, s'il traitre de la capitale, Klapisch s'applique surtout à montrer la solitude des êtres dans cette grande ville. Immédiatement, un certain manque d'originalité saute aux yeux puisqu'un film choral comme
Fragile(s) traitait du même thème et mettait aussi en scène une relation entre un homme d'âge mûr solitaire et une jeune femme. Pourtant, le savoir-faire et le talent de
Cédric Klapisch et de ses nombreux acteurs font une nette différence. En trahissant un peu la construction du film choral et en se concentrant sur deux personnages, il permet au spectateur de rentrer plus facilement dans une ambiance relativement lourde. Le film monte en puissance au fur et à mesure que le film choral s'impose. Le réalisateur scénariste lâche un peu les personnages de
Fabrice Luchini et surtout de
Romain Duris, qui prend une position de témoin, pour survivre des personnages moins torturés et donner un ton tragicomique emprunt d'une grande tendresse.
Il arrive aussi à imposer discrètement la comédie en laissant la place à des scènes comiques qui s'étirent et laisse le temps aux comédiens pour montrer leur talent. Par ces séquences, le réalisateur crée une vraie complicité avec chacun de ses nombreux personnages. On finit donc par s'attacher à tous alors que le
Klapisch s'applique à décrire les relations humaines en incluant dans sa tentative d'exhaustivité ce qu'elles peuvent avoir de plus bas. Sans que sa réalisation ne se remarque vraiment, il arrive à créer une ambiance réellement prenante et montre à tous les réalisateurs scénaristes français que le talent peut transfigurer une œuvre qui n'a pourtant pas grand-chose d'original aux premiers abords. Cet énième film choral français est porté par le talent de Klapisch et de ses acteurs pour imposer un ton doux amer.