Après le succès enregistré par le remake sorti l'an dernier et orchestré par Alexandre Aja, voici que la colline est ses mutants reviennent pour faire de nouvelles victimes.
En 2006 sort sur les écrans
La Colline a des yeux, remake réalisé par
Alexandre Aja plus que réussi puisqu'il dépasse l'original de
Wes Craven. 70 millions de dollars récoltés plus tard,
Wes Craven, en bon producteur, décide de lancer illico presto une suite pour la sortir rapidement. Le problème, c'est que
Alexandre Aja ne reprend pas du service derrière la caméra, et c'est l'autrichien
Martin Weisz qui vient prendre sa place. Il avait été remarqué en 2006 avec le film
Rothenburg, primé au Festival International de Catalogne et tiré d'une histoire vraie autour du cannibalisme. Cette fois-ci,
Wes Craven s'associe à son fils
Jonathan Craven pour écrire le scénario.
Et on va dire tout de suite que les deux compères ne sont pas très inspirés, ou alors se sont bien trop précipités dans l'écriture, nous servant une histoire des plus basiques, balançant des militaires en pâture aux mutants, enchaînant les situations communes et reposant sur une simple binarité gentils-méchants. On peut oublier le sous-texte intelligent du premier volet, sous forme de condamnation des pays occidentaux et des conséquences terribles de leurs actes. Ici, les mutants sont relégués au rang de simples monstres auxquels il faut faire la peau, et forcément, les militaires ne sont pas très finauds. La mise en scène de
Martin Weisz n'aide pas le film à s'envoler car le bonhomme est incapable de créer la moindre tension, dans un film préférant aligner à un rythme métronomique les morts les plus diverses et variées.
Comme pour compenser son incapacité à foutre les jetons, le film donne dans la surenchère de gore histoire de contenter les fans de barbaque. Alors certes, ils seront contents tant le sang coulera à flots, mais la plupart du temps, cela est fait assez gratuitement et avec une complaisance qui confine au ridicule (par exemple la scène d'ouverture qui n'apporte rien). En plus d'être terriblement linéaire, l'histoire comporte également des idées saugrenues (le gentil mutant, les décisions caricaturales des protagonistes dignes de n'importe quel film d'horreur lambda) et ne prend pas le temps d'être installée, si ce n'est pour nous présenter des personnages bien caricaturaux (l'enragé, le chef intraitable, le trouillard…) et nous servir une fausse leçon pompeuse sur la guerre en Irak.
Lorgnant plus sur le film de guerre que d'épouvante, cette suite se résume à une chasse archi-classique qui tente de donner dans l'ambiance claustro durant sa dernière partie sans jamais atteindre une once de l'intensité d'un
The Descent tant
Martin Weisz se sert mal de ce qu'il a autour de lui. Alors il y a bien deux ou trois scènes crades assez audacieuses, mais cela fait peu pour masquer la déception suite au film maîtrisé de
Alexandre Aja. Comme si ça ne suffisait pas, les acteurs présents devant la caméra jouent comme des pieds quand ils n'en font pas des tonnes, renforçant lourdement l'aspect purement mercantile de ce projet sans âme. Une suite bien loin de la qualité du premier volet qui sent fortement le mercantilisme le plus détestable. Reste juste des scènes bien gores, parfois totalement gratuites. A réserver aux fans hardcores d’hémoglobine.