Après la réussite que constituait La Colline a des yeux, voici un nouveau remake d'un film de Wes Craven, La Dernière maison sur la gauche.
Wes Craven prend un malin plaisir à produire de nouvelles versions de ses propres films. Ce qui n'est pas un mal étant donné que le bonhomme a livré des films peu convaincants dernièrement en tant que metteur en scène (
Cursed,
Red eye - Sous haute pression). Ainsi, après avoir confié avec succès à
Alexandre Aja la direction de
La Colline a des yeux (avant de complètement se planter avec sa suite), voilà qu'il donne au grec Denis Iliadis, qui n'a qu'un métrage méconnu à son actif, les rennes de
La Dernière maison sur la gauche. Et force est de constater que la mise à jour est tout à fait concluante. Nous voilà avec un groupe de voyous qui enlèvent une jeune fille de bonne famille et son amie. Ils les emmènent près d'un lac et les torturent jusqu'à la mort. Enfin c'est ce qu'ils croyaient. Avec une voiture HS, ils vont trouver refuge dans une maison avoisinante. Le seul problème, c'est que la famille y résidant est celle d'une des victimes.
Avec un réalisateur aux plus de 100 spots publicitaires à son actif, on aurait pu craindre que
La Dernière maison sur la gauche se range du côté des remakes flashys avec moult effets clippesques. Mais heureusement, ici, que nenni !
Dennis Iliadis livre un film de fort belle tenue, portée par une réalisation plutôt sobre et maîtrisée qui transcende les quelques scènes viscéralement dérangeantes qui jonchent le récit. Il réussit parfaitement à se contenir, ne versant à aucun moment dans du gore gratuit, pour conférer au film un aspect réaliste des plus réussis, avec un sens du rythme aiguisé.
La Dernière maison sur la gauche est en effet un film tendu du début à la fin, avec un enchaînement implacable de scènes, orné de personnages bien étoffés. Il évoque également de plutôt belle façon la bestialité humaine, ou ce que de simples êtres humains sont capables de faire lorsqu'ils sont touchés dans leur chair, et est donc par extension un regard plutôt pertinent sur l'humanité et ses travers.
Dennis Iliadis réussit donc à restituer brillamment le mot « effroi » dans son sens premier, et montre, à l'instar de
Alexandre Aja, qu'avec un peu d'application, un remake peut au moins égaler son modèle, voire mieux.
Contrairement aux craintes légitimes que l'on peut avoir à l'approche du film,
La Dernière maison sur la gauche s'avère donc être une belle surprise qui satisfera les amateurs de frissons. Et la distribution n'est pas étrangère non plus à la réussite. Autant les acteurs un peu connus comme
Monica Potter,
Tony Goldwyn ou
Sara Paxton remplissent parfaitement leur fonction de victimes non consentantes, autant les interprètes jouant les voyous participent également à l'impression de crédibilité qui se dégage du métrage par le fait qu'ils n'en fassent pas des masses. Même si le film est loin d'être extrême, cela fait toujours plaisir de voir un métrage aux quelques scènes psychologiquement marquantes sortir d'une grosse société comme
Universal Pictures. Comme quoi tout n'est pas encore gentiment policé dans ce monde. En tous cas, on attend de voir si
Dennis Iliadis confirme dans le futur ce joli coup d'essai.
Contrairement à ce qu'on aurait pu craindre, La Dernière maison sur la gauche version 2009 s'avère être une mouture satisfaisante que les amateurs de frissons ne renieront pas.