Clive Owen, l’ingénieux braqueur d'
Inside Man - L'homme de l'intérieur, s’associe au prometteur réalisateur d’
Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban pour
Les Fils de l'Homme, un drame futuriste à gros budget.
2027. Cela fait 18 ans que plus aucune femme n’a donné naissance à un enfant. Lorsque les médias annoncent la mort de « Bébé Diego », l’homme le plus jeune de la planète, le chaos qui était de mise dans le monde entier s’accentue encore un peu plus. Seule l’Angleterre semble parvenir à garder un semblant d’ordre en appliquant une politique d’immigration drastique et en traquant sans pitié les opposants politiques. Dans cette atmosphère pesante où le désespoir est désormais de mise, Les fils de l’Homme suit le parcours de Theodore Farron, ancien activiste politique, aujourd’hui modeste employé de bureau dont la vie sociale est quasi inexistante. Histoire que le désespoir ne le fasse pas complètement sombrer, il s’adonne à différentes formes d’addiction en compagnie de son vieil ami Jasper. Jusqu’au jour où les Poissons, un groupe de rebelles armés emmenés par Julian, son ex-femme, le kidnappe et lui demande de les aider à mettre en sécurité Kee, une jeune femme enceinte. Etant la première femme à porter un enfant depuis 20 ans, Kee devient la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Le danger pouvant provenir de partout, Théo et Kee se retrouvent bientôt traqués par de nombreux ennemis, leur seul échappatoire semblant être d’embarquer à bord du Tomorrow, le bateau d’une organisation secrète répondant au nom de Renouveau Planétaire.
Avec un budget avoisinant les 150 millions de dollars et un film à l’univers moins balisé que
Harry Potter,
Alfonso Cuaron n’avait pas le droit à l’erreur pour
Les Fils de l'Homme. C’est d’ailleurs tout le contraire qui s’est produit puisque le réalisateur marque de belle manière les esprits, son oeuvre contenant des exercices de styles parfaitement maîtrisés, une émotion et un réalisme particulièrement saisissants.
Alfonso Cuaron ne laisse aucun répit au spectateur. Point de générique, après les traditionnels logos des maisons de production, on entre directement dans le vif du sujet et l’on installe dans un monde qui n’a plus rien à voir avec celui que l’on connaît, aidé en cela par une atmosphère poisseuse, oppressante, où les tons grisâtres, le temps pluvieux et la fumée prédominent. Au milieu de ce chaos, on suit le personnage de Theodore Farron, alias
Clive Owen, filmé de manière quasi documentaire de sorte à témoigner froidement de toute l’horreur qui règne désormais sur Terre.
La mise en scène est incontestablement l’un des points forts du film,
Alfonso Cuaron démontrant ici à quel point il est talentueux lorsqu’il s’agit de gérer le mouvement d’une caméra. Ne parlons même pas des plans séquences virtuoses que nous livre le metteur en scène tout au long de son œuvre. Mention spéciale pour la scène de fin qui transporte, caméra à l’épaule, le spectateur dans une course effrénée en pleine guerre civile apocalyptique, pendant laquelle chaque pan de mur semble littéralement nous exploser à la figure, grâce notamment à un traitement du son incroyablement bien rendu. En plus d’assurer un spectacle de premier ordre,
Les Fils de l'Homme parvient également à nous toucher grâce à un scénario intelligent qui met les personnages et leur détresse au centre de l’intrigue.
Les Fils de l'Homme ne serait d’ailleurs pas si réussi sans la magnifique interprétation de
Clive Owen, qui incarne à merveille un homme blessé au bord du gouffre et qui dans sa mission trouve peu à peu la rédemption qu’il cherchait depuis près de 20 ans. A travers un regard, il parvient à nous transmettre toute l’intensité dramatique du film. Il faut aussi souligner la performance de
Michael Caine dans le rôle d’un ex-révolutionnaire au look hippie, celui-ci apportant quelques touches d’humour bienvenues. Finalement, on ne peut reprocher au métrage que son dénouement à l’arrière-goût légèrement amer. Alfonso Cuaron nous livre un grand film d’anticipation alliant réalisme, émotion, et spectacle, servi par une mise en scène dantesque et dans lequel Clive Owen s’impose comme l’un des meilleurs acteurs du moment.