Vince Vaughn joue les têtes d’affiche pour La Rupture, un film où il devra se séparer de Jennifer Aniston.
Le métier d’acteur peut devenir un réel plaisir lorsqu’on devient de plus en plus puissant. Ainsi
Vince Vaughn a trouvé l’idée d’un film dans lequel il pourrait jouer à la PS2, boire des bières et regarder
Jennifer Aniston nue toute la journée. Si c’est pas du génie… Le résultat donne
La Rupture, long-métrage suivant les péripéties d’un couple qui tente de se séparer mais où les deux ne veulent surtout pas se quitter. Brooke, vendeuse dans une galerie d’art huppée, n’en peut plus de son beauf de copain qui passe sa journée à faire rire des touristes dans son bus et à jouer à GTA San Andreas en attendant que le repas soit chaud. Espérant obtenir l’effet d’un électro choc, Brooke quitte donc Gary. Incapable de se comprendre, le couple va quand même devoir cohabiter jusqu’à la vente de l’appartement. Commence alors une escalade d’incompréhension menant les deux amoureux aux pires techniques pour à la fois énerver et reconquérir son conjoint. Le concept original, pondu par
Vince Vaughn, envoyant l’histoire d’amour en cinq minutes et se concentrant sur le duel entre les deux est sympathique mais assez mal exploité. Les scénaristes
Jeremy Garelick et
Jay Lavender n’arrivent pas à tisser une intrigue autour. Le déroulement n’est pas naturel et l’on sent que les scènes ne sont présentes que pour exploiter une idée drôle. Une fois la blague passée, la situation créée s’évapore sans laisser de trace dans l’intrigue, montrant de façon évidente le côté décousu et non maîtrisé du scénario.
Heureusement,
Vince Vaughn s’est réservé une place de choix. Génie de l’improvisation où son phrasé s’accélère pour raconter n’importe quoi, il s’en donne à nouveau à cœur joie. Le concept original lui permet de jouer le gros lourdaud de base, rôle dans lequel il excelle. Il mange du coup littéralement
Jennifer Aniston, déjà pas la plus drôle dans
Friends.
Vaughn se révèle aussi extrêmement attachant dans les scènes plus sentimentales. C’est d’ailleurs à l’occasion de ces scènes que l’on se rend compte que les producteurs ont payé un réalisateur pour ce film. Bien plus inspiré quand il s’agit de filmer
Vince Vaughn triste,
Peyton Reed, réalisateur d’
American Girls,
Bye Bye love ou
Elfe, la joue profil bas tout le long du film. Appliqué, il n’arrive jamais à donner un semblant d’unité à une histoire qui n’en a aucune. Se reposant uniquement sur le charisme de son acteur principal, le scénario se focalise sur le couple, laissant de côté des seconds rôles alléchants. Le tarif est le même pour tous : une scène pour le chanteur a capella, une pour
Jon Favreau, une pour Vincent d’Onofrio et une dernière pour l’autre frère. Le film abandonne tout autant ses personnages secondaires que son côté immoral. Tout comme
Serial Noceurs, la libération des mœurs de
Vince Vaughn est à nouveau stoppée pour faire une comédie romantique n’ayant pas une interdiction trop forte aux Etats-Unis. Tout retient sur
Vaughn, autant les rires que l’émotion et l’ambition du pitch de base est vite abandonnée. Décidément, si les comiques du Frat Pack sont bien ce qui se fait de plus drôle en ce moment, il leur faudra s’unir pour arriver à des projets sortant réellement du lot. Tenue par Vince Vaughn, La Rupture est une comédie gentillette qui se laisse regarder avec plaisir mais qui n’exploite pas son potentiel.