Pour son passage à la 3D, la franchise Resident Evil s'adjoint de nouveau les services de Paul W.S. Anderson derrière la caméra.
Non content d'avoir sacrifié sur l'autel du fric à tout prix l'une des franchises vidéoludiques les plus cinématographiques de ces vingt dernières années,
Paul W.S. Anderson reprend les manettes de la saga Resident Evil, huit ans après son premier opus décevant, un autre narnardesque et un troisième à oublier qu'il s'est contenté d'encadrer en sa « qualité » de scénariste et de producteur. Etant donné le succès public des films - et ce malgré les lamentations et coups de gueule des fans - il n'y avait aucune raison concrète pour que le monsieur change son fusil d'épaule pour ce quatrième volet des aventures d'Alice (
Milla Jovovich égale à elle-même) qui nous est vendu comme un nouveau départ dans la saga.
Pourtant il n'y pas grand' chose de neuf qui saute aux yeux dans cette énième trahison de l'œuvre originale (on a l'habitude depuis) débutant là où la précédente nous avait laissés : après s'être attaqué avec ses clones au QG de Umbrella dans les souterrains de Tokyo, notre héroïne part retrouver les survivants partis pour Arcadia, soi-disant havre de paix dépourvu de zombies en Alaska. Hormis une Claire Redfield amnésique, le lieu est totalement vide et n'a rien du paradis promis. Lancée dans une recherche à l'aveuglette, Alice trouve finalement des signes de vie dans une prison assiégée de Los Angeles attendant la libération de personnes venues d'Arcadia… Le cœur de cible de
Paul W.S. Anderson étant moins les gamers intransigeants que la masse dévorante de tout ce qui est mainstream, il n'est même plus étonnant que
Resident Evil : Afterlife se tourne encore vers un actionner pétaradant à effets spéciaux digitaux au détriment de l'aspect « supposé » horrifique du projet.
C'est clair qu'on se demande une fois de plus ce que viennent faire là nos morts-vivants ou les quelques références au travail de Shinji Mikami, vain prétexte à contenter les insatisfaits, désespérés de voir les personnages cultes des jeux vidéo (bonjour Chris Redfield) réduits à de simples simulacres désincarnés d'un récit qui l'est tout autant. Enorme gâchis scénaristique,
Resident Evil : Afterlife ne prend pas la peine d'explorer de fond en comble un seul niveau disponible, car il préfère rebondir d'une scène d'action à une autre le plus rapidement possible sans se soucier de construire un minimum d'ambiance inquiétante ou de logique pratique. Alors qu'Alice perd tous ses supers pouvoirs à l'apogée de l'introduction, le réalisateur continue d'en faire une Wonder Woman capable d'improbables cabrioles. Pourquoi essayer de nous faire croire à sa vulnérabilité si c'est pour toujours en faire une guerrière invincible jamais vraiment mise en danger ?
Certains prétexteront qu'on n'est pas ici pour admirer une subtilité psychologique ou de rédaction. C'est vrai. Mais encore faudrait-il que l'essentiel récréatif de ce divertissement puisse arriver à détourner notre attention de ces nombreuses erreurs et faiblesses conceptuelles. Ce n'est pas avec l'utilisation d'une 3D frimeuse (il ne suffit pas d'utiliser la technologie d'
Avatar pour égaler
James Cameron), qui doit se rentabiliser par une projection toutes les deux minutes, qu'Anderson va arriver à nous épater. Surtout que le bonhomme ne semble pas avoir compris que
Matrix c'est de l'histoire ancienne (façon de parler). Il faudrait peut-être arrêter d'en régurgiter pesamment les tics visuels galvaudés sur fond de techno dégueulasse et se rapprocher de la grande maîtrise des cinématiques du dernier titre disponible sur console (le combat avec Wesker dans Afterlife ne fait carrément pas le poids avec celui dans Resident Evil 5). Ben non puisqu'il est tellement plus facile de faire dans la copie informe et de promettre monts et merveilles pour la suite.
Pas forcément le plus mauvais de la série, mais compte tenu de la très grande médiocrité des précédents opus, cela ne veut pas dire grand' chose.