Tandis que son incartade américaine n’est pas vraiment des plus glorieuses, Jet Li effectue un retour aux sources dans un vrai film de kung-fu, Le Maître d’armes.
Depuis qu’il a entamé une carrière internationale,
Jet Li s’est un peu perdu dans quelques productions sans saveur tentant de se reposer sur ses simples talents de combattants (
Roméo doit mourir,
En sursis ou encore
The One), si l’on met de côté les un peu plus recommandables
Le baiser mortel du dragon ou
Danny the dog. En dehors de ça, il a seulement participé à l’esthétisant (trop pour certains)
Hero de
Zhang Yimou. Il était donc grand temps pour lui de renouer avec le genre qui a fait sa grandeur : le film de kung-fu. Il rejoint pour le coup un réalisateur au parcours un peu similaire :
Ronny Yu. Metteur en scène chinois très connu dans son pays, il entame une carrière internationale en 1999 avec
La Fiancée du Chucky, qui dépoussière efficacement la saga de la poupée tueuse, avant d’enchaîner avec la comédie d’action
Le 51ème état, puis de faire s’affronter deux mythes du cinéma d’épouvante dans
Freddy contre Jason. Le point commun de ces trois films hors Asie est un second degré fort agréable et un évident souci d’efficacité pour monter de purs divertissement sans prises de tête, et il y parvient plutôt bien.
Les deux bonhommes font donc ici un retour aux sources pour nous livrer ce qu’on n’avait plus vu depuis un bon moment, à savoir un véritable film d’arts martiaux. Dès la scène d’introduction, le ton est tout de suite donné : des combats effectués avec plusieurs armes différentes se succèdent dans une mise en images et une chorégraphie de grande classe. On sent dès lors que l’on va enfin avoir droit à un film digne du genre et la virtuosité technique entrevue en ce début de film ne va pas se démentir par la suite. Il ne faut pas se mentir, la véritable bonne raison de voir ce film sont les scènes de combats, toutes fort bien chorégraphiées et filmées. En effet, épaulé par Yuen Woo-Ping, un des maîtres de la chorégraphie lorsqu’il s’agit d’arts martiaux,
Ronny Yu délivre un pur bonheur sur pellicule pour tous ceux qui aiment le genre. Se servant admirablement des décors, il nous livre des combats d’une grande intensité.
Les fans d’arts martiaux seront donc vraiment comblés par un film rendant un vibrant hommage aux oeuvres qui ont fait les grandes heures du cinéma asiatique. Le métrage se fait même un peu trop respectueux du genre dans sa thématique et son propos un peu trop lisse et romancé. Respectant fidèlement la situation politique du moment, il délivre un message sincère mais un peu grossier, ressassant les bonnes valeurs morales et éthiques prônés par les arts martiaux. On peut également regretter un montage un peu abrupt, le film ayant été amputé de 40 minutes selon les propres dires du réalisateur, ce qui fait que l’on passe à côté de la présence de
Michelle Yeoh en train d’initier
Jet Li aux arts martiaux. On a alors plus l’impression d’assister à un beau catalogue de combats dans lequel les enjeux dramatiques n’ont pas vraiment le temps de s’instaurer avec force. Malgré un scénario assez léger et une morale un peu trop soulignée, Le Maître d’armes est apte à réjouir tout fans de films d’arts martiaux grâce à des combats d’une grande intensité, filmés et chorégraphiés avec brio.