Imaginez qu’en emménageant dans votre nouveau domicile, vous vous apercevez que votre boite aux lettres a la particularité magique de pouvoir communiquer avec le futur propriétaire.
Les nostalgiques du film d’action
Speed vont sûrement crier gloire à la re-formation de ce duo de jeunes et beaux acteurs que sont
Keanu Reeves et
Sandra Bullock. Un couple qui évoque immédiatement un glamour assuré pour cette comédie romantique. Pour faire concurrence à la mode des rencontres par Internet et speed-dating, le film invente la rencontre par boite aux lettres temporel. Le contact se fait uniquement par les échanges de mots doux, et les deux tombent amoureux comme des ados partageant une relation à distance. Malheureusement, si le concept a le mérite d’être original, les récits temporels n’ont jamais été à l’abri des incohérences et autres théories chaotiques.
Entre deux rives ne fait pas exception et énerveront à plus d’une fois toute personne ayant une idée arrêtée sur le sujet.
Cependant, le métrage n’essaye pas de faire l’éloge d’une nouvelle théorie sur le voyage temporel et se concentre uniquement sur la belle histoire d’amour. C’est bien là tout le drame. Car cette histoire est, il faut l’avouer, d’une banalité titanesque, pour ne pas dire puérile et sans intérêt. La formule hollywoodienne est respectée à la lettre, aucun risque n’est pris, et tout est absolument prévisible. Hormis peut-être la fin en happy-end. On aurait préféré (voire même espéré), que le récit se termine mal, comme peut le connoter le mot 'drame'. Néanmoins, une triste fin n’aurait sûrement pas pu rattraper le manque d’originalité du film. Il est malheureusement assez difficile de trouver des qualités au récit, et même certains choix de prise de vue surprennent par leur non-esthétisme.
Finalement, la seule scène originale est peut-être celle de la découverte du pouvoir magique de la fameuse boite aux lettres. Hélas, cinq minutes dans un film ne suffisent pas pour le sauver du naufrage. Il est peut-être temps de se révolter contre cette industrie du cinéma, qui s’amuse à reprendre des films à succès pour en faire des navets. Car il s’agit bien là d’une reprise : celle de
Il Mare de
Lee Hyeong-Seung, film asiatique jamais sorti en France. Un remake raté, la faute à un manque évident de prise de risque. Dommage pour un sujet qui a déjà connu le succès.