Co-produit et interprété par Michael Douglas, le second film de Clark Johnson se révèle être un thriller efficace où l’ennui n’a pas sa place.
Pete Garrison est agent des Services Secrets américains. Vingt ans plus tôt, il a courageusement sauvé la vie d’un
Président. Aujourd’hui, il est chargé de la protection rapprochée de la Première Dame des Etats-Unis. Le meurtre d’un collègue, les révélations d’un indic sur un traître sévissant à l’intérieur même du service, et la persévérance d’un enquêteur plein d’animosité et de rancœur vont soudainement plonger la vie de Garrison en plein cauchemar. Accusé d’être la taupe tentant de mettre en danger la vie du
Président, celui-ci n’aura d’autre choix que de fuir. Mais réussira-t-il à se cacher assez longtemps pour prouver son innocence qu’il ne cesse de clamer haut et fort ?
Sur le papier, le scénario de
The Sentinel, second film de
Clark Johnson après
S.W.A.T, unité d’élite, fait fortement penser à celui de
Sens unique de
Roger Donaldson sorti en 1987 avec
Kevin Costner. Il y était déjà question d’une taupe infiltrée dans le monde interne des Agents Secrets et de la culpabilité supposée du personnage principal. Pas de plagiat cependant puisque
The Sentinel est adapté d’un roman de
Gerald Pietievich. Une question restait néanmoins en suspens :
Clark Johnson arriverait-il à faire un film aussi efficace que son prédécesseur ? Il s’en est fallu de peu que la réponse soit totalement positive. En effet, la réalisation fortement inspirée du cinéaste nous plonge dès les premières minutes dans un univers passionnant et haletant, même dans ses scènes introductives. L’action est quant à elle sans cesse relancée par des malices de scénario ne laissant pas à l’ennui le temps de s’instaurer et le montage contribue à maintenir le spectateur en haleine. Dommage que la fin ne soit pas à la hauteur du suspens instauré pendant près de 80 minutes, faisant tomber la sauce par un discours nationaliste et moralisateur propre à l’industrie cinématographique américaine.
Pour son « vrai » retour sur les écrans depuis
Pas un mot de
Gary Fleder en 2001,
Michael Douglas, dont l’efficacité en tant que producteur n’est plus à prouver depuis
Vol au-dessus d’un nid de coucou ou encore
La guerre des Rose, a donc choisi de s’intéresser à un film brassant de multiples thèmes comme l’ambiguïté de l’être humain et sa propension à influencer sur le cours des choses. Malgré son âge (il va fêter ses 62 ans le 26 septembre), il s’y révèle magnifique et à son aise dans tous les registres, celui de l’action bien sûr mais également celui plus psychologique qui consiste à se faire passer pour ce que l’on est pas, en laissant ainsi planer le doute sur sa véritable identité. Face à lui,
Kiefer Sutherland, dans un rôle assez proche de celui qu’il tient dans la série
24 heures chrono, s’impose comme un partenaire de choix. Entre haine et compassion, il laisse, par son jeu multiple, entrevoir la dualité de son personnage.
Eva Longoria, à l’instar de son rôle de bombe latino dans la série Desperate housewives est plus que convaincante, et
Kim Basinger (dont le talent n’est plus à démontrer) prouve quant à elle que le nombre d’années passées depuis
Neuf semaines et demi n’ont rien terni à l’éclat de sa beauté. Aussi, quoiqu’on puisse reprocher à
Clark Johnson concernant la fin de son film, on lui sera gré de savoir choisir ses camarades de jeu (lui-même acteur, puisqu’il joue ici le rôle de l’indicateur). Enfin, on remarquera qu’outre son grand travail de monteur, le cinéaste aime à jouer avec l’éclairage ce qui donne à son film un côté sombre et dépressif, fait rare dans le cinéma d’action américain. Malgré les peurs que l’on pouvait nourrir au vu de la bande-annonce, The Sentinel s’avère très efficace malgré une fin conventionnelle et décevante qui laisse au film un arrière-goût de série B.