Le réalisateur de Dark City et I, Robot nous re-livre une grosse production hollywoodienne en révélant les Prédictions de Nicolas Cage.
Dix ans après l'acclamé
Dark City, et cinq après le pas mal décrié
I, Robot,
Alex Proyas revient au fantastique à gros budget avec
Prédictions, et prend même le risque de mettre devant sa caméra
Nicolas Cage, qui reste sur une bonne série de mauvaises prestations. Voilà que celui-ci se retrouve en scientifique fraîchement veuf, vivant seul avec son fils. Le jour où on déballe à l'école de ce dernier des enveloppes vieilles de 50 ans, le voici confronté à une série de chiffres qui semblent annoncer des cataclysmes à venir. Dès lors, une course contre la montre va s'enclencher afin de comprendre la finalité de cette liste et de sauver de futures victimes.
Commençons par ce que le film comporte de meilleur, c'est-à-dire grosso modo ses 90 premières minutes (il en comporte 120). Installant son intrigue avec soin et ne se précipitant pas dans l'action,
Alex Proyas plonge le spectateur au cœur d'une intrigue de prime abord assez passionnante qui fonctionne à l'identification. En effet, le « que ferions-nous si on était à la place de ce pauvre homme ? » remplit parfaitement sa fonction première, c'est-à-dire une immersion réussie du spectateur. Avec une mise en scène efficace, capable de faire monter la tension avec de tous petits rien autant qu'avec de gros moyens,
Alex Proyas parvient à conserver une belle unité à son métrage. Les quelques apparitions énigmatiques interrogent, et les catastrophes qui se déroulent devant nos yeux font preuve d'une maîtrise technique évidente et procurent un effroi palpable par leur réalisme évident. Tous les ingrédients d'un film fantastique satisfaisant sont réunis, et pourtant…

…Et pourtant patatra, le bel édifice s'effondre lors d'une dernière demi-heure d'une bêtise agaçante, pour ne pas la qualifier de nauséabonde. Sacrifier de belles promesses avec une fin versant dans le mystico-religieux de pacotille relève d'une douteuse manipulation de l'esprit. La dernière partie sert un affreux couplet sur la famille et une bondieuserie totalement déplacée, qui donne au final du métrage des aspects de nanar de luxe, ne se privant pas de nous donner des leçons en partant dans un délire franchement déplacé. Tout cela est fortement dommageable car les ¾ du film pouvaient au moins laisser présager un honnête film fantastique plutôt bien emballé, mais qui s'avère totalement rabaissé par un fond prétentieux et carrément douteux, qui a de quoi mettre à rude épreuve les nerfs des spectateurs pris en otage.
Brillamment mis en scène et effrayant pendant un moment, Prédictions s'effondre lors d'un final douteux, qui laisse un goût amer.