Le grand retour de Robin Williams dans une comédie pas forcément réjouissante.
A première vue, on n'attendait pas grand-chose du nouveau film de
Ken Kwapis, réalisateur de
4 filles et un jean et du fameux
Dunston - panique au Palace. Le fait que le dit film sorte en France en été nous confortait dans nos préjugés négatifs et à la vue de l'objet cinématographique, il faut avouer que nous n'avions pas tout à fait tort.
Permis de mariage s'avère quelquefois sympathique et souvent désolant, rarement drôle et fréquemment racoleur. L'idée de base était pourtant assez déconcertante pour donner aux spectateurs l'occasion de s'en « taper une bonne tranche » Malheureusement, on comprend vite que les enjeux du film sont complètement faussés par un scénario qui choisit de rentrer dans le rang des comédies américaines actuelles.
Permis de mariage raconte donc les mésaventures d'un jeune couple, Sadie et Murphy qui vont tenter durant une heure et demie d'officialiser leur amour, acte d'autant plus difficile que Sadie veut absolument que la cérémonie ait lieu à l'église St. Augustin de Chicago dans laquelle officie le Révérend Frank aux méthodes quelque peu étranges. Pour déclarer notre couple mari et femme, le Révérend va leur faire traverser moult épreuves qui vont transformer leur désir en véritable cauchemar. Scénario alléchant donc, mais le film en essayant à tout prix d'éviter la vulgarité rentre rapidement dans un politiquement correct trop voyant pour être honnête.
Le bon point du film, c'est évidemment d'avoir donné le rôle du Révérend à
Robin Williams qui semble s'orienter davantage dans la comédie depuis un
Camping car d'assez mauvaise mémoire. Ici, il nage à son aise dans une prestation qui semble taillée dans ses propres mesures. Sans en faire trop, ce qui n'était a priori pas évident étant donnée l'excentricité du personnage, il arrive d'un sourire à être irrésistible en homme d'Eglise un peu branque mais pas si agité du bocal qu 'on pourrait le penser. Il se donne manifestement à fond dans un film qui ne fera pas date dans sa carrière, ce qui est tout à son honneur. Cependant, on regrettera son omniprésence dans le métrage de
Ken Kwapis, qui préfère s'intéresser aux déboires du couple interprété par
Mandy Moore (
American Dreamz) et
John Krasinski (
Jarhead – la fin de l'innocence,
Dr Kinsey, mais aussi présent dans l'excellente série satirique
The Office). A leur rôle assez neutre, on préfèrera celui de l'Enfant de Chœur, véritable démon au visage diabolique qui se démarque et forme avec
Robin Williams un duo absolument approprié et jubilatoire.
Pourtant, le film se traîne, problème probablement dû à une mise en scène qui ne décolle jamais et reste tristement illustrative. Si les gags avec
Robin Williams sont en majorité réussis, ils ne sont pas nombreux et laissent place à une machinerie hollywodienne fadasse et sans relief qui vire fatalement à la comédie romantique, ce qui s'avère être, en se centrant sur les problèmes sentimentaux du couple, la pire chose qui pouvait arriver au film.
Outre une BO qui ne fait pas le poids malgré la chanson de Paul Mc Cartney « Ever Present Past », le suivi des séquences est ennuyeux, butant sur un scénario soi-disant inspiré de faits réels (quelle surprise !) mais qui dans son souci d'efficacité en oublie que le délire est parfois ce qu'il y a de plus drôle au cinéma. Dommage pour
Robin Williams qu'on attend dans un film plus consistant. Nul doute que ce
Permis de mariage ne saurait faire de l'ombre à sa carrière. Une comédie aux gags peu nombreux et au scénario ciselé au cutter pour les spectateurs américains « pop-cornisés ». Seule la performance de Robin Williams sauve le film du désastre. C’est peu.