Comme le souligne le documentaire
Loin de Suède (20 min) et probablement le livret de 36 pages (que nous n'avons pas reçus), le film
L'œuf du serpent est un cas à part dans l'opulente filmographie de son réalisateur
Ingmar Bergman. Unique long-métrage américain et tourné en langue anglaise de son auteur, c'est également la première et seule fois qu'il disposera d'un budget et d'une logistique conséquents. A son grand désespoir comme le souligne sa collaboratrice
Liv Ullmann, principale intervenante du bonus avec un
David Carradine encore de ce monde (sans compter les images d'archives d'un entretien avec le metteur en scène), essayant de faire la synthèse d'un homme de cinéma peu habitué à diriger des centaines d'employés ou de filmer autre chose que la psychologie des êtres humains. C'est pourtant ce qui fait tout l'intérêt ambivalent de cette plongée anxiogène et cauchemardesque dans le Berlin en crise de l'entre deux guerre. Le portrait d'une nation sur lequel plane fortement l'ombre angoissante du nazisme, détournant à sa guise les gros moyens et le suspense du thriller paranoïaque américain pour bifurquer vers l'abstraction fantasmagorique kafkaïenne. Du cinéma asphyxiant qu'on accepte complètement ou pas du tout.
Pour sa seconde sortie en zone 2, Carlotta comble les manques de la précédente édition de
Metro Goldwyn Mayer : un peu de suppléments éditoriaux avec un doc rétrospectif qu'on aurait aimé plus long et plus fourni. Mais surtout une copie du film flambant neuve, obtenue à partir d'un master entièrement restauré en 1.66 – 4/3, agrémentée de deux pistes mono (VO et VF) limpides. Du pain béni pour les inconditionnels d'Ingmar Bergman.
Sortie le 7 octobre chez Carlotta
Prix indicatif : 19,99 euros
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