Certains se sont plaints de la pédale douce amorcée sur le tunning dans le quatrième opus de la saga routière
Fast and Furious. Pourtant c'est ce ralentissement sur la frime qui permet à la franchise de retrouver un meilleur régime après un original qui doit tout au
Point Break de
Kathryn Bigelow et ne lui reconnaît rien, un nanar en roue libre (
2 fast 2 furious) et une expédition au Japon (
Fast & Furious : Tokyo Drift) dans la très basse moyenne de ses copilotes. Cela fait-il forcément de
Fast and Furious 4 un long-métrage recommandable pour les yeux?
Ne rêvons pas, hormis une séquence d'ouverture imaginative (ça sera bien la première fois qu'une bonne idée traverse le chemin de la production), le retour du quatuor de comédiens du film de
Rob Cohen n'est qu'une vague excuse pour retomber de plus belle dans tous les infractions au code que compte une franchise encline à caresser dans le sens du poil une audience élevée à la misogynie des clips de hip-hop, au culte de la belle carrosserie et au bling-bling m'as tu vu. Pourtant il n'y a pas grand chose à voir de courses automobiles agrémentant une histoire tombant en panne sèche dès la première demi-heure.
Celles-ci sont tournées sans imagination, sans sensations et avec un florilège d'effets spéciaux aussi moches et voyant les uns que les autres pour garantir la caution bigger, faster, louder alors qu'il suffisait de tout miser sur des cascades 100% réalisées en vrai et pas en fond vert, un montage qui ne cale pas dès qu'il y a plus de deux actions à montrer et un fond sonore un minimum écoutable. Tout le problème de longs-métrages peut-être Fast mais sûrement pas Furious.
Comme on pouvait s'y attendre toute l'équipe du film est ravie du résultat et tiens à le faire savoir : d'abord dans un commentaire audio bien consensuel du réalisateur
Justin Lin, puis dans différents rapides modules pratiquant ouvertement la langue de bois dont deux consacrés aux bolides du film (les plus « intéressants » du lot), un sur les retrouvailles (forcément génialissimes) de
Vin Diesel,
Paul Walker,
Jordana Brewster et
Michelle Rodriguez, un autre sur le tournage envahi de fans dans un petit village mexicain et un dernier sur l'entraînement en voiture de sa star. Un bêtisier conclu le tout. Par contre aucune nouvelle des scènes coupées notifiées sur la jaquette. Le boîtier aurait-il été plus rapide que le présage du disque ?
Sans surprise non plus, cette édition se rattrape par ses prestations techniques vrombissantes : étincelante telle une carrosserie qu'on viendrait de briquer, l'image 2.40 Anamorphic Widescreen immaculée arbore une précision qui fait son effet. Pas de DTS pour cette édition mais deux Dolby Digital 5.1 (anglais et français) carburant à toute vitesse sans anicroches.