Pour comprendre
L'Oeil des zapatistes, un peu d'histoire s'impose. En 1994, la création de l'ALENA (pour ceux qui ne s'en souviendraient pas, l'accord de libre échange entre les Etats-Unis, le Canada, et le Mexique) achève d'enfoncer plus bas encore le destin des populations sud-américaines fragiles. C'est alors qu'au Mexique, un petit groupe de paysans oubliés, lointains descendants des Mayas dans l'une des régions les plus pauvres du pays, crée L'EZLN. Soit l'Armée Zapatiste de Libération Nationale, du nom du révolutionnaire mexicain Emiliano Zapata. Leur insurrection sera violemment réprimée par l'armée fédérale... Après une mobilisation de la société civile en faveur de la paix et des insurgés, des pourparlers s'engagent entre les communautés pro-zapatistes et le gouvernement fédéral. Ils aboutissent en 1996 aux Accords de San Andres qui reconnaissent les droits des communautés indiennes à l'autonomie. Depuis, aucun des gouvernements mexicains successifs n'a mis en application ces accords, trahissant la parole donnée.
Dix ans plus tard, plus personne parmi les zapatistes ne croit plus en un Etat menteur qu'ils estiment corrompu. Le programme de courts-métrages
L'Oeil des zapatistes est le résultat d'un projet collectif visant à présenter le zapatisme par ceux qui le vivent de l'intérieur : les paysans indiens. Ils furent soutenus par l'association mexicaine Promedios, qui leur a fourni le matériel cinématographique auquel ils n'auraient jamais pu avoir accès, puis les a formé à son utilisation.
En 2006, le résultat arrive sur grand écran avec les cinq courts-métrages issus du labeur de ses villageois.
La Terre Sacrée et
La Lutte pour l'eau évoquent l'auto-organisation collective des communautés. Quant à
Viva la vita,
La Terre est à ceux qui la travaillent et
Un long train qui s'appelle l'autre campagne, ils s'attachent à la rébellion en elle-même... ainsi qu'à la répression gouvernementale, toujours présente.
Pour découvrir le destin de 'ceux qui luttent', rendez-vous en salles le 31 mai.