Le monde perd la boule et ce n'est pas le beau Take Shelter qui va nous contredire, ni le cinéma japonais qui va améliorer les choses.
Un monde, fou, fou, fou, fou
L'équipe de L'Etrange Festival ne s'y attendait pas forcément mais
Take Shelter de
Jeff Nichols (
Shotgun Stories) fut sans aucun doute l'une des attentes majeures du public qui s'est précipité en masse dans la salle intermédiaire du Forum des Images afin de voir en avant-première ce Grand Prix (mérité) de la Semaine de la Critique.
Une heureuse surprise pour les organisateurs de la manifestation et (on l'espère) une pleine satisfaction pour les spectateurs probablement repartis conquis par la prestation saisissante de
Michael Shannon, dans un rôle similaire à celui qu'il tenait dans
Bug de
William Friedkin. Point d'insectes ici, juste la menace chimérique d'une tempête biblique allant pousser un père de famille à aménager l'abri souterrain de son jardin malgré l'incompréhension de ses proches et amis. Paranoïaque, fou ou prophète d'une catastrophe imperceptible ? Toute la question de ce prenant drame schizophrène, impeccable miroir des angoisses d'une Amérique post-crise économique. Un petit bijou du cinéma indépendant US qui sortira dans nos salles le 7 décembre prochain. Vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenu.
Ambiance plus outrancière et barrée de l'autre côté du pacifique avec la présentation de deux films japonais censés donner un avant-goût de la nuit Sushi Typhoon de ce samedi. Commençons d'abord par la production issu du fameux label de la Nikkatsu,
Dead Ball de
Yudai Yamguchi (le scénario de
Versus, l'ultime guerrier c'est lui), improbable histoire de délinquants juvéniles obligés de participer à un match de baseball mortel organisé par une directrice nazie (ça ne s'invente pas). Gags poussifs (la fouille anale), ridicule non sensique recherché, ambiance bricolage et explosions de gores sont l'apanage de ce gros délire mélangeant film sportif, sentaï et une foule d'autres joyeusetés à prendre au 1000ème degré. Pour amateur averti.
Mais ce n'était absolument rien comparé à
Horny House Of Horror de
Jun Tsugita venu pour l'occasion introduire son bébé avec l'une de ses actrices. D'emblée, le réalisateur nous avait promis des japonaises nues (applaudissements) et quantité de sang (nouveaux applaudissements) et force est de constater qu'il na pas menti ! Prenant l'argument complètement gratuit d'un salon de massage érotique maléfique exécutant ses clients pendant leur petite affaire,
Horny House Of Horror s'illustre par un esprit irrémédiablement polisson et sanglant. Ejaculation d'hémoglobine et érotisme pop sont la principale attraction d'une péloche aux situations déviantes irrésistiblement extravagantes (le pénis sashimi) comme seuls les nippons sont capables d'imaginer. Notre coup de cœur sans queue ni tête (enfin presque) et forcément le gros plaisir coupable de cette dix septième édition de l'Etrange Festival.