La seconde journée de L'Etrange Festival 2011, placée sous le signe de la variété et de l'inégalité.
Horizons lointains
Faisant honneur à la réputation de la manifestation (synonyme d'ouverture et de curiosité), la seconde journée de l'Etrange Festival proposait donc un large choix d'œuvres inédites (
Tomie Unlimited,
Milocrorze,
The Oreganian,
Kill List…) et d'autres curiosités plus anciennes comme la première Pépite de l'étrange dévoilée,
The Thief de
Russel Rouse, film d'espionnage sonore mais non parlant. En ce qui concerne la qualité, la variété était aussi de mise.
La journée a démarré très fort avec la diffusion de
Redline de
Takeshi Koike, anime décoiffant situé quelques part entre les courses futuristes de
Speed Racer et le délire des
Fous du volants d'Hanna Barbera. Tournant autour d'une compétition automobile intergalactique, l'histoire (quelque peu accessoire), évoluant entre pop art et psychédélisme sert au réalisateur à explorer plus en profondeur les sensations physiques de la vitesse déjà développé dans son superbe segment « World Record » pour l'anthologie
Animatrix. Choc visuel total carburant à l'adrénaline pure,
Redline (qui aura demandé cinq ans de travail et un budget de 8 millions $) est une expérience sensorielle qui mérite amplement d'être vécue dans une salle de cinéma. Malheureusement pour la majorité de ceux qui n'ont pas pu assister à cette séance, il faudra se contenter d'une vision à domicile, le film n'allant pas aller au-delà d'une exploitation vidéo française annoncée pour le mois prochain. Si vous avez l'occasion justement de pouvoir le voir sur un grand écran, on ne peut que vous dire ceci : FONCEZ-Y !
Parti sur des chapeaux de roues, la suite de notre programme n'a malheureusement pas maintenue son allure et s'est progressivement mis à rétrograder. Remarquez, on s'en doutait un peu lorsque nous nous sommes rendus à la présentation d'une anthologie horrifique,
The Theatre Bizarre, exercice souvent inégal. Cela n'a pas manqué même si globalement ce regroupement de courts-métrages (produit en indépendant), centré sur un hommage au Grand Guignol et conduit par l'increvable
Udo Kier, fut d'un bon niveau et mérite qu'on y prête un minimum d'attention. Parmi les sept films imbriqués, on retiendra surtout le métaphysique
The Accident de
Douglas Buck, le très drôle
Wet Deams de
Tom Savini et le sucré/salé
Sweets de
David Gregory.
La présence d'une partie de l'équipe de
The Theatre Bizarre (chaleureusement accueilli par une salle comble pas avare du tout en applaudissement), aura retardé la projection, nous obligeant à courir dans une salle voisine afin de ne pas trop manquer la diffusion de
The Clinic de
James Rabbits. Survival australien sur une femme enceinte se voyant dépossédé de son enfant dans une étrange ferme perdue au milieu de nulle part où d'autres mères vont tenter de survivre. Soit disant inspiré d'une histoire vraie, ce premier long-métrage s'avère soigné (beaux cadrages, photo impeccable) mais souffre d'un manque flagrant d'audace dans l'écriture qui prive le spectateur d'une vraie empathie pour les personnages. Voulu réaliste et âpre,
The Clinic pâti également d'un final convenu et invraisemblable nuisant à la force d'un sujet prometteur. Dommage compte tenu qu'on est toujours heureux de voir la production australienne s'importer hors de ses frontières.