Voici de courts avis sur les autres films que nous avons vus à Cannes mais pour lesquels nous n'avons pas fait de critiques à proprement dit.
The Slut d'
Hagar Ben Asher (Semaine de la Critique)
Le pitch : Tamar, belle jeune femme de 35 ans, vit seule avec ses deux fillettes. Toutefois, elle ne peut refréner son appétit sexuel et se donne à plusieurs hommes du village. Shai, un jeune vétérinaire, revient s'installer dans la région et tombe rapidement sous le charme de Tamar. Une relation amoureuse naît rapidement entre eux. Mais Tamar pourra-t-elle se contenter d'un seul partenaire ?
Présenté à la Semaine de la Critique,
The Slut est un peu le prototype du film intello qui se regarde beaucoup le nombril. C'est bien dommage puisqu'il s'agit là d'un premier film mais la jeune réalisatrice
Hagar Ben Asher n'en fait pas grand chose et on trouve beaucoup de longueurs en marge de cette évocation du regard qu'on porte sur les autres, du sexe et de la famille. Certes elle sait faire parfois de belles images et livrer quelques séquences formellement sublimes mais pas de quoi véritablement convaincre…
4/10
The Divide de
Xavier Gens (Marché du Film)
Le pitch : Quand une explosion cataclysmique ravage la ville de New York,
8 personnes se réfugient dans le sous-sol de leur immeuble, une sorte de refuge aménagé il y a longtemps par leur parano de proprio. Survivant grâce aux réserves d'eau et de nourriture de ce refuge, nos survivants peuvent soigner le traumatisme de cette catastrophe et de la perte de leurs proches. Mais des hommes armés et vêtus de combinaisons anticontamination entrent soudainement dans l'abri et font feu sur ses occupants. Ces derniers s'unissent pour résister à cette attaque, sans comprendre ni les motifs de leurs assaillants ni leur acharnement. Après avoir repoussé l'ennemi à l'extérieur du refuge et subi de graves blessures, les rescapés vont maintenant vivre un véritable enfer. La peur des radiations, le rationnement des vivres, les attaques ennemis et le sentiment claustrophobe grandissant vont créer un climat délétère dans le refuge affectant directement le mental de ses occupants. Dans ce contexte, la jeune et belle
Eva a un gros problème… Son fiancé, Sam, est plus faible que les autres hommes du refuge et ces derniers deviennent de plus en plus rudes et violents. La jeune femme devra compter sur son intelligence pour se sortir d'une situation devenant de plus en plus critique et échapper aux meutes la menaçant à l'extérieur comme à l'intérieur.
Xavier Gens (
Hitman,
Frontière(s)) est venu présenter son nouveau film au Marché du Film. On a pu y rentrer in-extremis et en sortir pas vraiment comblé… Si le pitch est intéressant, cette chronique de l'enfermement obligatoire d'un groupe de personnes dans un monde post-apocalyptique contaminé manque cruellement d'originalité et de puissance émotionnelle. Les personnages qu'on nous propose sont caricaturaux au possible, tant et si bien que leur évolution vers une forme de bestialité résultant d'un instinct de survie ne fait pas l'effet escompté puisqu'aucun d'entre eux ne parvient à être attachant, ce qui fait qu'on assiste à des meurtres un peu mécaniques qui ne provoquent pas vraiment de choc. En plus de
ça les acteurs sont tous d'un niveau de jeu assez médiocre, ce qui n'aide pas à arranger les affaires tandis que
Xavier Gens à beaucoup de mal à imprimer un rythme à son film…
4/10
Hara-Kiri : mort d'un samourai de
Takashi Miike (Compétition)
Le pitch : Voulant mourir dignement; un samouraï sans ressources, Hanshiro, demande à commettre un suicide rituel dans la résidence du clan Ii, dont l'intendant est Kageyu, un guerrier forte tête. Essayant de décourager Hanshiro, Kageyu lui conte l'histoire tragique d'un jeune ronin, Motome, venu récemment avec la même requête. Hanshiro est traumatisé par les détails horrifiants du sort qui fut réservé à Motome mais il persévère dans sa décision de mourir dans l'honneur. Au moment de commettre hara-kiri, il présente une ultime requête : il désire être assisté dans son acte par trois lieutenants de Kageyu, qui sont absents tous les trois, par une étrange coïncidence. Méfiant et furieux, Kageyu demande à Hanshiro de s'expliquer. Ce dernier révèle ses liens avec Motome et livre le récit doux-amer de leurs vies. Kageyu comprendra bientôt que Hanshiro s'est lancé dans une épreuve de force par esprit de vengeance.
Le nouveau film de
Takashi Miike décontenancera sûrement les fans de la première heure. En livrant le remake du film réalisé en 1962 par Masaki Kobayashi,
Takashi Miike tombe dans un classicisme figé proche de l'académisme entraînant ici de réelles longueurs le long des deux heures de projection et il a eu la mauvaise idée de vouloir faire son film en 3D, ce qui n'est pas opportun ici, si ce n'est pour assombrir l'image et détruire l'ambition esthétique du cinéaste. Certes on dira que les plans sont beaux et minutieusement cadrés mais ils confinent ici à une certaine contemplation un peu vaine, un peu récupérée par un affrontement final correctement emballé, à défaut d'être renversant.
4/10