Si la version longue de
Robin des Bois constitue une vraie director's cut validée par le
Ridley Scott en personne, ce montage agrémenté de 15 minutes supplémentaires ne constitue pas le plus notable réaménagement cinématographique orchestré par le réalisateur démurant clairement le roi de cet exercice.
Pas notable mais pas sans conséquences sur le résultat final qui demeure sensiblement le même, tout en gagnant en fluidité narrative lors du tronçon central qui connaissait quelques petits trous scénaristiques : comme la relation entre Robin et les orphelins de Sherwood obtenant une présence moins anonyme qu'avant. On apprécie également les éclairages décrivant la rencontre entre le héros et William Marshall (
William Hurt) allant conduire de manière plus logique à l'investissement de notre archer dans l'unification des seigneurs anglais contre l'envahisseur français. Pour le reste, les changements se révèlent infimes et il est probable que la majorité des spectateurs ne verront pas la différence entre les deux versions de ce "Robin Hood Begins" aussi attrayant que déconcertant. Attrayant dans sa tentative de dépoussiérer avec plus ou moins d'éclats la mythologie du plus célèbre des brigands par une explication historico-politico-démocratique de la légende et par l'entremise d'une fresque guerrière manquant cruellement de grandeur lors de sa bataille finale aux accents de débarquement normand et abrogée avant d'être portée à maturité, que vient plomber intégralement l'intrusion inopinée et ridicule de Lady Marianne (
Cate Blanchett obligée sûrement de justifier son salaire) et de mioches chargeant sur un corps de poneys. Une vision qui contredit sensiblement l'idée d'épique.
Cette édition blu-ray contente autant qu'elle énerve. Ce n'est pas la copie du film qui est en cause car au niveau de l'image et du son, le transfert proposé peut prétendre ouvertement à la désignation de « parfait ». Tous les indicateurs qualitatifs HD sont au top du top des attentes d'aujourd'hui et on ne saurait trouver matière à redire d'une bobine qui transfère les sensations visuelles et auditives vécues en salle directement dans notre salon. Seuls les pro-VF pourront trouver à redire du simple DTS (le DTS HD Master Audio étant réservé pour la VO) mais loin de tout reproche.
Non, ce qui cause notre colère est de constater qu'à l'instar des blu-ray anglo-saxons la violence de
Robin des Bois a été tout simplement censurée : bien qu'il ne demeure pas le long-métrage le plus violent de
Ridley Scott (encore moins parmi les films d'action de cette année),
Universal Pictures a semble-t-il exprimé le besoin de retirer toutes les gerbes de sang numériques qui accompagnaient les escarmouches guerrières du film. Pourquoi ? On l'ignore et on aimerait avoir une réponse du distributeur/éditeur, voir même du réalisateur (valide-t-il ce changement ?), afin de nous expliquer en quoi ce sang méritait un retrait alors que par exemple il n'est fait aucune coupe sur la défaite de Richard Cœur de lion ou celle du traitre Sir Goddefroy, qui voient les flèches leur rester littéralement en travers de la gorge ? Plus étrange encore est de constater que la copie dvd (présentant uniquement la version longue et disponible dans le coffret blu-ray), contient bel et bien les fameuses projections sanguines !
De cela, personne ne s'en explique dans la fonction Picture in Picture permettant de visionner
Robin des Bois tout en bénéficiant d'images de tournages et des commentaires audio des principaux acteurs de la production sur certains chapitres, ni dans l'abondant makinf-of d'une heure, pas plus dans l'amoncellement de scènes coupées (env. 15 min) dont il est possible de comprendre le retrait via les explications du monteur
Scalia Pietro. Des bonus en majeure partie regroupé sur un deuxième disque de qualité SD alors qu'à priori tout aurait pu tenir un même et unique disque bleu.
Disponible depuis le 5 octobre chez
Universal Pictures.
Prix indicatif : 24,99€ le blu ray + 2 dvd (bonus + film director's cut uniquement)