C'est l'un des piliers du cinéma américain qui nous a quitté mardi soir : le réalisateur
Arthur Penn est décédé à New York, il venait d'avoir tout juste 88 ans.
Bien que doté d'une carrière inégale s'étendant sur plus de quarante ans,
Arthur Penn fut incontestablement l'un des jalons importants du renouveau de la production à la toute fin des années 60. Avec
Bonnie & Clyde, un « petit » film de gangster inspiré par la Nouvelle vague française auquel personne ne s'intéresse durant sa fabrication, il allait connaître un succès public ahurissant tout en donnant le premier coup de semonce du Nouvel Hollywood qui allait s'imposer avec
Easy Rider.
Cette prédisposition pour la contre-culture s'exprimant dans tout le pays au cours de la décennie suivante,
Arthur Penn l'exprimait déjà dans le thriller
La Poursuite impitoyable (tourné un an avant
Bonnie & Clyde) et plus tard dans des œuvres aussi importantes que
Little Big Man, western exclusivement pro-indien avec
Dustin Hoffman,
Missouri Breaks ou encore
Alice's Restaurant.
Auparavant il débuta au cinéma après plusieurs années de formation à la télévision et au théâtre, déjà avec un western emblématique,
Le Gaucher (avec
Paul Newman dans le rôle de Billy the Kid), puis
Miracle en Alabama, adaptation ciné de son téléfilm pour laquelle il décroche sa première nomination de Meilleur Réalisateur aux Oscars. Deux autres suivront (
Bonnie & Clyde,
Alice's Restaurant) mais sans concrétisations.
L'arrivée des années 80 sonnera le glas artistique d'
Arthur Penn qui éprouvera beaucoup de difficultés à se réinventer. Sa dernière contribution au 7ème art, le réalisateur la donne en 1995 pour l'anthologie
Lumière et compagnie. Par la suite
Arthur Penn évolue sur le petit écran en produisant notamment la mythique
New York Police Judiciare.