Brillant thriller hitchcockien doublé d'une piquante satire politique,
The Ghost Writer de
Roman Polanski est aussi une œuvre que l'actualité juridico médiatique de son réalisateur a doté d'une dimension supplémentaire. Tous (ou presque) les films du cinéaste peuvent être rattaché à sa vie lumineuse et tragique, mais aucun jusqu'ici n'avait devancé les évènements qui allait bousculer son existence, il y a presque un an jour pour jour.
Bien sûr il est facile d'extrapoler, surtout maintenant au moment où
Roman Polanski est redevenu libre de ses déplacements et où son extradition vers les Etats-Unis n'est plus une menace directe. Pourtant comment ne pas rapprocher le scandale entourant l'ancien premier ministre britannique Adam Lang (
Pierce Brosnan dans l'un de ses meilleurs rôles) accusé de crime de guerre, à celui de détournements de mineures dont est accusé Polanski depuis 1978 ? Il est tout aussi amusant de constater le « hasard » de la vie qui a voulu qu'il soit assigné à résidence dans sa maison en suisse, à l'instar du héros de son adaptation du roman de
Thomas Harris, un écrivain de l'ombre (impeccable
Ewan McGregor) allant être coincé dans la demeure américaine de son hôte sous étroite surveillance. Cela donne un tout autre poids à l'objet qu'on verra principalement comme la parabole sur les rapports gouvernementaux qui ont lié les Etats-Unis et l'Angleterre dans leur combat contre le terrorisme. Quelque soit l'angle d'attaque qu'on prend pour observer
The Ghost Writer, celui-ci restera de toute façon comme l'un des plus beaux exercice de son auteur, d'une finesse et d'une subtilité d'écriture et de mise en scène qui en devient renversante au gré des visionnages.
L'ouvrage d'un grand maître ça se soigne et c'est donc avec exigence et respect que l'éditeur présente un impeccable transfert haute-définition qui rend complètement justice au travail effectué par le directeur de la photographie
Pawel Edelman. On n'a pas fini d'être admiratif devant les teintes froides de l'image parfaitement constatées et définies qu'on pouvait déjà apprécier en salle. Tout comme cet aspect argentique délicatement restitué. Même topo pour le DTS-Master Audio 5.1 de la VO (même tarif pour la vf), qui sans accentuer l'ambiance climatique du film par un abus des canaux arrières, réussi à la rendre pénétrante et immersive. Un travail exemplaire qui le reste en dvd (offert avec le Blu-Ray), la précision de la HD en moins.
On sera moins dithyrambique à l'encontre de l'interactivité réparties en trois modules vidéo signé Laurent Bouzereau, qui ressemble davantage à une réhabilitation artistique de
Roman Polanski de la part de son équipe qu'à de vrai compléments revenants en détails sur la gestation du film. S'il n'est fait aucune mention de l'arrestation du réalisateur alors que le montage de
The Ghost Writer n'était pas achevé, l'abondance de superlatifs de la part de ses acteurs (env. 11 min) donne l'impression d'arguments en sa défense. Ensuite, c'est au tour de l'écrivain à l'origine du film (env. 10 min) de revenir sur sa collaboration avec son ami à qui on donne la parole dans une interview exclusive (env. 8 min) dont on ignore à quel moment elle a été donnée. Si quelques informations s'avèrent intéressante à retenir, la majorité des bonus constitue un après programme trop succinct et parfois promotionnel pour être comblé.
Disponible depuis le 8 septembre chez FPE
Prix indicatif : 24,99€ le blu-ray + dvd