Si cette septième journée du festival a été marquée par la projection de
A Serbian Film, le programme, toujours aussi dense, réservait d'autres belles surprises dont deux films magnifiques :
Cabeza de Vaca et
Les sept jours du Talion.
Nous avons donc débuté cette nouvelle journée au sein du festival, en allant voir
Cabeza de Vaca, un film mexicain de
Nicolas Echevarria narrant les aventures de l'explorateur espagnol qui a donné son nom au titre du métrage et qui, après s'être échoué, en 1528, au large des côtes de la Floride a marché pendant huit années à travers l'Amérique pour finir sur la cote Pacifique du Mexique. Lors de son odyssée, le conquérant vivra à coté des Indiens qui lui feront partager les secrets de leur vie mystique et lui permettront ainsi de guérir les mourants.
Véritable trip hallucinatoire, visuel et sensoriel dont l'univers emprunte autant à
Alejandro Jodorowsky qu'à
Werner Herzog,
Cabeza de Vaca se voit comme une expérience un peu « barrée » aux images sublimes (dont un très beau plan de fin) et à la bande-son très travaillée. Datant de 1991, le film aura mis presque vingt ans à être distribué en France mais ce sera bientôt chose faite puisqu'il vient de trouver un distributeur (et un bon) en la société d'
ED Distribution spécialisée dans le cinéma indépendant et exhumant chaque années quelques petits bijoux (c'est, entre autre, grâce à elle si
Guy Maddin,
Bill Plympton ou encore les
frères Quay sont dorénavant reconnus en France). Nous vous reparlerons du film lors de sa sortie qui devrait se situer aux environs de la fin de l'année.
Nous changeons de salle pour assister à la projection de
les Sept jours du Talion, film violent et radical qui s'intéresse à l'histoire d'un homme dont la petite fille de huit ans est retrouvée morte (et violée) dans les bois canadiens. Ivre de douleur, le père va trouver le moyen d'enlever le pédophile pour lui faire endurer, durant sept longues journées, la loi du Talion. Adaptation d'un roman très sombre de l'écrivain
Patrick Sénécal,
Les Sept jours du Talion est, à la fois, un efficace thriller et une réflexion obsédante sur la punition réservée aux pédophiles. Sans jamais tomber dans le voyeurisme malsain ou la démonstration,
Daniel Grou (alias
Podz, le réalisateur de la série
Minuit le soir diffusée sur
France 2) évite adroitement tous les pièges qui lui sont tendus et propose une œuvre forte et dérangeante qui évite de juger les actions de ses personnages. Un choc dont la présentation à L'Etrange Festival semble évidente et qui sort en DVD le 21 septembre chez
Aventi Video.
Afin de nous remettre un peu de ce polar éprouvant, quoi de mieux qu'un vieux film d'exploitation des années 70, le bien-nommé
L'Infernale poursuite (en VO,
Mr. No Legs) qui met en scène un incroyable cul de jatte qui ne s'en laisse pas compter et aime faire des pompes sur les bras de sa chaise roulante (en fait, des mitraillettes servant à liquider flics, mafieux et petits revendeurs de drogue).
L'infernale poursuite est aberrant à tous les niveaux (situations improbables, jeu des acteurs catastrophique, réalisation à l'emporte-pièce et même doublage en français hilarant) mais c'est justement ce qu'on aime dans ces films de séries z qui inondaient le marché dans les seventies et qu'on regarde aujourd'hui, le sourire aux lèvres avec un brin de nostalgie. Grâce à cette
Infernale poursuite réjouissante, la journée se sera terminée sur une note d'humour bienvenue. Merci Mr No Legs !
Aujourd'hui, avant-dernier jour du festival, nous pourrons continuer à voir une flopée d'inédits (
Cargo,
Warriors Of Chaos,
Buried - un homme enfermé dans un cercueil pendant près d'1h30 !!! - ,
Rubber de
Quentin Dupieux…) mais aussi la fin des Cartes Blanches à
Alejandro Jodorowsky (avec la projection du fabuleux
Miss Mona de
Mehdi Charef) et au cinéaste gay
Lionel Soukaz.