Hier, l'Etrange Festival nous proposait de passer une journée avec le réalisateur américain
Tobe Hooper tout en nous régalant d'une programmation parallèle faite d'inédits et de films très rares.
C'est ainsi qu'en fin d'après-midi, le festival nous a permis de découvrir, dans l'hommage rendu à l'actrice
Mimsy Farmer (qui ne nous a finalement pas honoré de sa présence), un film d'horreur italien jamais sorti en France,
Le parfum de la dame en noir. Davantage orienté vers le thriller sanglant et atmosphérique rappelant, par instants, les films de
Polanski des années 60/70 (
Le Locataire,
Rosemary's Baby) que vers le giallo pur et dur, le métrage de
Francesco Barilli (par ailleurs scénariste pour
Aldo Lado ou
Umberto Lenzi) s'est avéré être une petite déception. Datant de 1974, sans aucun rapport avec l'œuvre de
Gaston Leroux, ce petit film d'épouvante aux résonances psychanalytiques et cannibales peine à trouver un équilibre entre les genres et bénéficie d'une mise en scène lente et décourageante. Heureusement,
Mimsy Farmer irradiait le film de sa présence mystérieuse.
Ensuite, la team de Cinema-France s'est retrouvée pour la projection de
Massacre dans le train fantôme et discuter avec son metteur en scène, le très calme
Tobe Hooper, qui à commencé à répondre timidement à des questions qui avaient tendance à intellectualiser son œuvre à outrance. Puis, les langues se sont déliées et le réalisateur s'est exprimé sur le bonheur qu'il aurait à tourner une pure comédie mais aussi sur tout le mal qu'il pensait du cinéma actuel et son défaut à tout vouloir expliciter, prenant, partant, les spectateurs pour des imbéciles. Le métrage, que l'auteur de ces lignes, n'avait jamais réussi à voir, est, quant à lui, un honorable film d'horreur, certes, un peu daté et moins efficace que
Massacre à la tronçonneuse (présenté lors de la séance précédente) mais qu'il faut replacer dans le contexte filmographique de son auteur. Ce fut, en tout cas, un bien agréable moment.
Tobe Hooper
Pour finir la journée, nous nous sommes dirigés vers la dernière séance consacrée à la C
arte Blanche de
Jean-Pierre Kalfon, qui, aidé par Bernadette Laffont (toujours aussi belle), nous a présenté
Paul, un film sublime sur le parcours d'un jeune bourgeois (
Jean-Pierre Léaud) qui décide de changer de vie en rejoignant une communauté de pèlerins végétariens et vagabonds. Magnifié par une photographie en noir et blanc sublime, une magie du cadre et des travellings insensée, l'unique long-métrage du réalisateur hongrois
Diourka Medveczky n'est jamais sorti en France malgré de nombreux prix et des critiques dithyrambiques. Bernadette Laffont qui en possède la seule copie, nous a donc permis de découvrir ce film rare (dans tous les sens du terme) dont le discours sur la société, véritablement prémonitoire, résonnait étrangement avec la situation politique actuelle (on y parlait de baisser l'âge de la retraite, on y prônait l'amour de la terre et de la nature contre l'appât du gain capitaliste…). Rien que pour avoir programmé ce film là, on remercie de tout cœur l'équipe de l'Etrange Festival, leur sens de l'initiative et leur ouverture d'esprit.
Paul de Diourka Medveczky
Aujourd'hui, suite de la compétition des courts-métrages, de la c
arte blanche à Lionel Soukaz et projection du très attendu
A serbian film, un métrage choc mêlant pornographie, torture et pédophilie. Il est fortement conseillé de s'y préparer mentalement !